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la crise économique

Voilà la thèse du site matière et révolution avec la quelle je suis entièrement d’accord c’est pour cela que je le mit sur mon blog bonne lecture

 

 

Thèses du site « Matière et révolution » sur la crise actuelle

1- Il n’y a aucune origine accidentelle à la crise actuelle. Pour les capitalistes, loin d’être une surprise, elle est une catastrophe annoncée. C’est seulement pour le grand public, et particulièrement pour les travailleurs, qu’elle est tout ce qu’il y a de plus étonnant : le système qui domine le monde, sans une puissance capable de le renverser, sans une classe sociale qui semble lui contester ce pouvoir, est en train de s’effondrer et de se détruire lui-même.

2- Ce n’est pas une crise conjoncturelle. Ce n’est pas une crise américaine. Ce n’est pas une crise immobilière. Ce n’est pas une crise financière. Ce n’est pas une crise bancaire. Ce n’est pas une crise pétrolière. Ce n’est pas une crise de confiance. Ce n’est pas une crise inflationniste. Ce n’est pas une crise de l’endettement. Ce n’est pas une crise due à une simple récession. Bien sûr, il y a tout cela à la fois mais cela n’explique pas le fondement de la crise. C’est le système capitaliste tout entier qui est en crise. Le terme « systémique  » pour caractériser la crise signifie que c’est le fondement, le principe même, du capitalisme qui est mort.

3- C’est l’accumulation du capital qui ne peut plus fonctionner. Et ce pour une raison simple. Le mécanisme d’accumulation du capital a atteint sa limite.

4- Cela signifie que le capitalisme n’a pas subi une maladie, ni un défaut, ni un comportement défaillant de tels ou tels de ses acteurs. Non, le capitalisme meurt parce qu’il a été au bout de ses possibilités. C’est son succès lui-même qui provoque sa fin. Il n’y a pas moyen d’inventer suffisamment d’investissement vu la quantité de capitaux existant dans le monde. Tous les cadeaux des Etats et des banques centrales au capital ne peuvent qu’être des palliatifs d’une durée de plus en plus limitée.

5- L’accumulation du capital est le but même de la société capitaliste. Produire, exploiter, vendre des marchandises, tout cela n’est qu’un moyen. Faire de l’argent, s’enrichir n’est aussi qu’un moyen. Le but même est de transformer cet argent en capital, c’est-à-dire trouver les moyens de l’investir et de lui faire rendre du profit, lequel profit doit lui-même encore être investi.

6- C’est ce mécanisme qui ne fonctionne plus. Il n’est pas grippé. Il n’est pas menacé. Il est mort. Il a été maintenu en survie pendant un temps déjà très long par des mécanismes financiers et eux-mêmes viennent d’atteindre leurs limites. On ne peut pas maintenir le mourant tellement longtemps même en inventant de nouvelles techniques de survie artificielle. Bien entendu, aujourd’hui tout le monde accuse le système financier et ses « folies « , mais c’est oublier que ce sont ces prétendues folies, des politiques pratiquées parfaitement consciemment, qui ont permis au système de perdurer au-delà de ses limites.

7- Les guerres locales comme celles d’Irak, celle d’Afghanistan, mais aussi de Yougoslavie et du Timor ont été aussi des moyens de faire durer le système. Mais, là aussi, les limites sont atteintes.

8- Quel moyen aurait le système de se redresser vraiment ?

Celui de détruire une très grande partie des richesses et des marchandises accumulées. Il ne lui suffit pas de détruire les richesses fictives de la finance. Il lui faut, pour repartir, détruire une partie de la planète comme il l’a déjà fait, dans des circonstances semblables, lors de deux guerres mondiales.

9- De là découle l’alternative pour les classes ouvrières et les peuples. Entre le Capital et le Travail, il y a maintenant une question de vie ou de mort. Même si la classe ouvrière ne souhaite pas consciemment se préparer au renversement définitif du système et à la fondation d’une société reposant sur la satisfaction des besoins collectifs des peuples de la planète, c’est le capitalisme lui-même qui va la contraindre à choisir.

10- Les mécanismes politiques et sociaux de domination sont désormais dépassés. On va voir du nouveau. Les « démocraties  » occidentales vont montrer toute leur barbarie aux populations qui y sont le moins préparées : celles de leurs propres pays. Les dictatures, les fascismes vont revenir au goût du jour.

11- Il est urgent de préparer l’avant-garde aux situations à venir. Il n’y a rien de plus urgent que de comprendre la crise actuelle et ses conséquences et de les faire comprendre autour de nous. Ce qui est à l’ordre du jour n’est pas seulement de se défendre contre des attaques. C’est de se défendre contre une attaque idéologique de grande ampleur. Les gouvernants vont tâcher de donner leur propre interprétation des événements pour nous convaincre qu’eux seuls peuvent faire revenir l’époque passée. Ils mentent. Elle ne peut pas revenir. Ils vont chercher ainsi à nous empêcher de nous organiser entre nous pour comprendre, discuter et répondre aux situations. La crise de confiance des peuples dans le système est dangereuse si les opprimés, si les peuples se mettent à s’organiser, et déjà à se réunir pour confronter les points de vue, pour donner leurs avis sur la signification de ce qui se passe et sur les moyens d’y faire face.

12- Ce que souhaite la classe dirigeante, c’est que chacun se retrouve face à ses peurs, face aux problèmes matériels touchant sa vie, celle de sa famille, et se demande seulement quel dirigeant bourgeois va pouvoir le sauver. Des sauveurs suprêmes, des Hitler ou des chefs civils ou militaires dictatoriaux prétendants tenir la solution, on va en voir défiler. La première des tromperies qui va se présenter à nous sera celle des réformistes de tous poils qui auront quantité de prétendues solutions pour sauver à la fois le système et la population. Le seul effet de leurs discours sera de démobiliser les opprimés et d’éviter tout risque révolutionnaire aux exploiteurs afin de leur permettre de préparer leurs vraies solutions violentes : dictatures et guerres. D’avance il faut se préparer à n’avoir confiance qu’en nous-mêmes.

13- Au lieu de se protéger, ce qui ne sera pas possible, il faut saisir l’occasion. Le capitalisme est atteint dans ses fondements. Profitons-en pour en finir avec ce système d’exploitation. Nous sommes des millions de fois plus nombreuses que les exploiteurs et bien plus forts que le système si nous en sommes conscients. La fin du capitalisme ne sera une catastrophe et un recul massif que si nous nous contentons de nous défendre, catégorie par catégorie, pays par pays, groupe social par groupe social. Cela peut être le prélude d’une avancée historique de l’humanité si nous décidons d’en finir avec l’esclavage salarié

« Vous avez aimé la crise des supprimes, vous adorerez la crise des LBO (LBO = titrisation des dettes des sociétés d’achats par endettement avec effet de levier) »

Le « Canard Enchaîné » le 22 septembre 2008

 » Un cycle de croissance de dix ans s’achève. Au-delà du retournement cyclique, il est clair que l’on touche aujourd’hui aux limites d’un modèle de développement « 

L’économiste Jean-Hervé Lorenzi Cité par « le Figaro  » du 7 juillet 2008

Précisons que ce qui est menacé dans la crise actuelle, c’est tout simplement le capitalisme ! Voilà ce que ne voudrons certainement pas entendre tous ceux pour qui l’existence éternelle de l’empire actuel ne doit même pas être questionnée.

En effet, ce qui est mis en cause, c’est tout simplement le niveau trop élevé de la capitalisation mondiale par rapport aux capacités d’absorption des marchés. Or, c’est le mécanisme fondamental qui est ainsi atteint : l’augmentation du capital.

L’hypertrophie de la finance apparaît comme la cause de la crise mais elle en est surtout la conséquence, le seul moyen qu’a trouvé le système pour perdurer.

 

Où en est la crise actuelle ?



 

Qu’est-ce qu’une crise capitaliste ?

Des dizaines, puis des centaines de milliards de dollars engouffrés dans les trous des banques, des assurances et des bourses, la crise actuelle entraîne de nombreuses inquiétudes et d’encore plus nombreuses questions, le plus souvent sans réponse. Et pour cause ! Le système capitaliste, nous le connaissons bien et même nous ne connaissons que lui. Et pourtant, nous ne le connaissons pas !

Nous réfléchissons au système capitaliste comme à un mode rationnel de fonctionnement. Ou, au moins, à un mécanisme qui devrait être rationnel. Nous le pensons comme un système dirigé par des êtres humains en vue de buts des êtres humains. Ce n’est pourtant pas le cas. Nous y voyons « une société de consommation » ou encore « un marché ». Là encore, il s’agit d’un contresens.

La situation actuelle de crise est l’objet des mêmes contresens. Certains y voient une nouvelle crise de l’immobilier. D’autres une crise des ressources énergétiques. D’autres encore, une crise du système de régulation des marchés financiers. Toutes ces interprétations visent à cacher le véritable problème qui touche les fondements mêmes du système, et du système capitaliste et pas seulement du « système financier ». En fait, il n’existe pas un système financier qui serait séparé du système capitaliste.

Le capitalisme n’est pas en crise parce qu’il manque d’argent, manque de richesses à pomper, manque de travailleurs à exploiter, ni parce que les exploités en ont assez mais, simplement, parce qu’il manque de perspectives pour ses investissements. Les besoins à satisfaire existent toujours mais les satisfaire ne serait plus assez rentable. La course aux profits se heurte donc à un mur, à une limite. Les processus multiples pour contourner cette limite n’ont fait qu’aggraver le niveau de la crise. Il s’agit là des méthodes financières, monétaires, bancaires, etc…

Il convient de distinguer les multiples crises de fonctionnement, indispensables au capitalisme ou crises de conjoncture des crises systémiques qui menacent de mort le système lui-même.

La crise économique du capitalisme vient de repartir de plus belle en janvier 2008. Dans la foulée de la crise des supprimes qui avait enflammé l’immobilier et la finance aux USA, en Angleterre et en Espagne. Elle se double maintenant d’une crise des liquidités, d’une chute des bourses et d’une crise des banques. La crise américaine y rajoute la menace d’une récession mondiale de grande ampleur. Des banques américaines et européennes sont menacées. Les banques françaises commencent à reconnaître l’existence de fonds douteux. La BNP avait commencé dès le début de la crise. La Société Générale reconnaît indirectement la même chose avec une perte de plusieurs milliards d’euros. Et ce n’est qu’un début…

La finance, se détournant des bourses et du dollar, joue sur les monnaies, sur le prix du pétrole, sur les prix des produits alimentaires. Il en découle un effondrement du niveau de vie dans les pays les plus pauvres et jusque dans les pays riches. L’inflation se rajoute à la récession, rendant quasi-impossible toute politique pour retarder ou éviter l’aggravation de la crise.

Comment comprendre le sens de cette crise économique ? Il s’agit bel et bien d’une crise systémique, c’est-à-dire d’une catastrophe générale qui prend sa source dans les mécanismes fondamentaux du système à l’échelle mondiale et les menaces tous. Le capitalisme s’autodétruit, même s’il ne mène pas lui-même à une solution. Sans chercher à expliquer leurs crises. Les classes dirigeantes prétendent éviter la crise. En fait, elles recherchent d’abord à éviter que leur système d’exploitation et de mise en coupe réglée du monde en soit affectée et, en second, que leurs propres capitaux accumulés, n’en subissent des conséquences. Les peuples, comme les deux guerres mondiales l’ont montré, ne seront pas nécessairement épargnés, tant que les travailleurs épargneront le système capitaliste.

Pour le moment, s’il faut insister sur un point, c’est de ne faire aucune confiance aux déclarations des gouvernants, des banquiers et des industriels. Tous prétendront vouloir nous sauver et mettre sur pied plan sur plan dans ce but. Ils ne feront que nous enfoncer dans la misère et le chômage soi-disant pour nous sauver… Aucune confiance dans les banques pour y laisser nos économies. Aucune confiance aux industriels pour « sauver nos emplois ». Aucune confiance aux gouvernants pour « protéger le pays de la crise » comme ils disent. Travailleurs, n’ayons confiance qu’en nous-mêmes, qu’en notre force, qu’en notre mobilisation, qu’en notre organisation ! Unissons-nous par delà les frontières. Ne croyons à aucun discours nationaliste présentant un autre peuple, un autre pays, un seul chef d’Etat, comme le seul responsable. Ils le sont tous ! La crise économique, eux tous les transformerons en occasion de nouvelles rapines, de nouvelles fortunes faciles. Transformons-la en une occasion de nous libérer définitivement de leur système d’exploitation ! Les travailleurs ont une société bien plus humaine, plus constructive, bien plus utile à l’ensemble des hommes à offrir. La nouvelle crise du capitalisme doit sonner l’avènement du socialisme !

Il ne s’agit pas là d’un simple vœu mais d’une nécessité. La crise pose en effet une question au monde, comme les crises mondiales systémiques précédentes.

En effet, les précédentes crises systémiques ont produit guerres mondiales, dictatures, fascismes mais aussi révolutions prolétariennes. Il y a une alternative : socialisme ou barbarie qui se pose à terme au monde.

En tout cas, la crise sonne le glas des conceptions réformistes. Celles-ci n’ont été capables que de négocier comment se faire exploiter. Aujourd’hui même ces sacrifices sont insuffisants pour le capitalisme qui est menacé par sa propre crise.

Dors et déjà les peuples les plus pauvres sont plongés dans la misère : l’Egypte redécouvre la famine et l’Afrique connaissent de nouvelles émeutes. Ce n’est qu’un début. Le pire effondrent sera celui de la petite et de la moyenne bourgeoisie des pays riches : quand on est un peu au-dessus, on tombe de plus haut ! Et cela signifie la fin de la démocratie capitaliste car sa propre base disparaissent. Pour ceux qui veulent réfléchir pour préparer l’avenir, la révolution mondiale n’est plus une lointaine perspective mais à une perspective à préparer dès maintenant.

Mais, d’abord, il convient de comprendre comment cette crise exprime des limites du système capitaliste incapable de proposer des investissements à une part croissante des capitaux. Là est la source de la part croissante de capitaux dédiés à la spéculation. Là est également la source de la crise actuelle. Cela signifie que l’on ne peut pas dire que la spéculation a causé la crise. C’est le capitalisme lui-même qui est en crise et pas seulement le système financier.

Il ne peut pas y avoir d’amélioration, de « régulation » du système. La crise touche aux fondements même de la société du profit capitaliste, société qui ne peut pas être réformée mais seulement renversée.

Le capitalisme en crise ne peut entraîner le monde que dans des catastrophes de grande ampleur. C’est le seul moyen pour lui de se relancer. Il doit (presque) tout détruire pour repartir sur de nouvelles bases. Par conséquent, loin d’être sorti rapidement de sa crise actuelle, le système mondial de domination va entraîner tous les peuples du monde dans le cauchemar : récession, effondrement des banques, misère, dictatures, guerres et guerre mondiale…

La seule réponse n’est pas régulation ni intervention de l’Etat mais intervention de la classe ouvrière et des peuples : REVOLUTION et la seule alternative : LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS visant à la suppression du mode d’exploitation capitaliste.

Sur la crise de 1929

Le secrétaire d’Etat américain Mellon face à la crise de 1929, cité Herbert Hoover, dans ses « mémoires  » :  » Il suffit de liquider les ouvriers, les stocks, les agriculteurs et l’immobilier. « 
Extraits de « histoire économique et sociale du monde  » de P. Léon :

 » La grande crise du monde capitaliste
« la crise débuta en octobre 1929 aux Etats-Unis par une crise boursière ; elle prit rapidement un caractère mondial, elle fut longue et atteignit son paroxysme lorsque la production tomba au plus bas : 1931 en Grande-Bretagne, 1933 aux Etats-Unis et 1935 en France. Les différents rouages de la vie économique furent successivement touchés. Ainsi, le krach de Walt Stress engendra une nouvelle chute des prix de 1929 à 1932, dans laquelle vinrent d’inscrire en mai 1931 une crise française et, à partir de septembre de la même année, une crise monétaire. Malgré la diversité de ses manifestations, loin de constituer une série de crises qui venaient s’ajouter accidentellement les uns aux autres, le cataclysme était dû à un enchaînement de causes. (…) Une nouvelle chute des prix, dont le centre fut encore une fois les Etats-Unis, eut lieu dans le second semestre de l’année 1937 et la production mondiale ne se releva vraiment que grâce à la course aux armements pendant l’année 1938 (…) La crise du capitalisme eut de multiples aspects qui sont indissociables. Par commodité, les répercussions sociales et les luttes qu’elle provoqua sont traitées à part : le danger d’un tel parti pris assimilable à l’économisme est de faire tout dépendre de la politique économique (…)
La flambée sur le cours des actions à la Bourse de New York avait commencé en 1927-1928 : l’indice des valeurs industrielles indique un doublement des cours en moins de deux ans (début 1928 : 191 ; décembre 1928 : 300 ; septembre 1929 : 381). Bien que cette poussée n’eût rien d’exceptionnel dans l’histoire de la Bourse, elle expliquait assez bien la fièvre du public. Les transactions en 1929 portaient en moyenne sur 42 millions de titres par jour, avec parfois des montées en flèche à 82 millions comme en mars 1929. La hausse du nombre de transactions ne présentait aucun danger en soi. Le fait que certaines actions passent entre plusieurs mains en peu de temps dénotait pourtant le caractère spéculatif de ces mouvements. Le nombre des Américains qui jouaient à la Bourse était autour de 1,5 millions sur 122 millions d’habitants, mais en réalité le marché se cristallisait autour de quelques milliers de spéculateurs parmi lesquels Samuel Insull, Charles Mitchell de la National City Bank et Albert Wiggins de la Chase Banque. Comment expliquer tout d’abord l’abondance des titres mis sur le marché ? Principalement par la transformation rapide des structures sociales de l’entreprise – de la firme familiale à la société anonyme – et par l’habitude prise par les grandes affaires de prévoir à l’avance, au moyen d’augmentations anticipées du capital, leurs projets d’investissements à long terme. A quoi il faut ajouter la multiplication caractéristique de l’époque des sociétés d’investissement qui n’étaient que des pyramides financières fondées sur l’achat, en principe, de bons portefeuilles afin d’offrir à l’épargnant la possibilité de jouer sans risques. D’où provenait en second lieu la flambée des cours ? (…) Dans l’atmosphère de prospérité générale qui régnait et surtout par suite du manque d’informations des épargnants, un mouvement excessif d’anticipation à la hausse avait eu lieu, surtout dans les secteurs à la traîne et dans les affaires risquées. La spéculation n’avait plus aucun lien avec le montant des dividendes distribués, elle se fondait sur la hausse des cours des actions et prenait manifestement un caractère de plus en plus psychologique. (…) L’un de phénomène le plus caractéristique de cet emballement de Wall Street fut la forte croissance des prêts aux courtiers. Ils doublèrent de fin août 1926 à fin novembre 1928 et augmentèrent encore d’un tiers à partir de cette date jusqu’à fin septembre 1929. (…) L’édifice du crédit boursier était donc tout aussi fragile que celui du crédit international ; de plus, il pompait les liquidités du monde. Le gouvernement fédéral était d’ailleurs convaincu du danger de la situation ; cependant il hésita longtemps avant d’intervenir, le seul moyen qu’il eût à sa disposition pour réduire la masse monétaire en circulation étant de relever le taux d’escompte. Or, une telle manipulation ne pouvait qu’accentuer la récession économique qui était apparue fortement dans le bâtiment, voire l’automobile. Le 6 août, ce taux fut finalement porté à 6%. (…) Il n’y eut pour le moment point de résultat sur la Bourse. La crise débuta le 23 octobre et le jeudi 24, le fameux jeudi noir, ce fut la panique : 13 millions de titres furent cédés, 16,5 millions d’actions furent encore liquidées le 29. Malgré l’intervention d’un syndicat de banquiers (Morgan, Mitchell, Wiggin), qui avança un milliard de dollars pour couvrir des prêts à vue, malgré celle du Système Fédéral qui fournit également des fonds – ce qui était contraire à la loi – et qui abaissa le taux d’escompte à 5 puis 4,5%, le krach dura 22 jours. Ce fut le plus long de l’histoire. (…)
Comment expliquer le retournement du cycle boursier ? Il faut noter d’abord que les difficultés des affaires et de l’emploi avaient commencé bien avant, de part et d’autre de l’Atlantique. Le resserrement de la production, des prix et de l’emploi en Europe – sauf la France – datait du premier trimestre de 1929 (déjà 1,9 millions de chômeurs en Allemagne). Aux Etats-Unis, la construction des villas de luxe s’était fortement ralentie dès le printemps, la production des automobiles avait atteint le chiffre record de 622.000 en mars, avant de retomber à 416.000 dès septembre. Dans le cas américain, les trois indicateurs précités qui cernent l’activité économique changèrent de direction à partir de juin. (…) La crise boursière ne fut qu’un « maillon de la chaîne  » qui désagrégea les économies occidentales. Certes, à la fin de l’année 1929 et au début de 1930, des liquidités réapparurent à la suite du renversement des politiques d’escompte des banques centrales. Il était trop tard. En raison de la contraction du crédit au moment du krach, le phénomène de déflation des prix avait atteint un nouveau palier qui fut longtemps irréversible. A son tour, la déflation, cette fois générale, provoqua un réflexe de retrait des fonds et de thésaurisation d’une tout autre ampleur qui fit éclater au grand jour la crise économique. La spéculation boursière avait donc masqué pendant un temps la contradiction entre l’existence d’une suraccumulation mondiale de capitaux et une économie qui végétait faute de débouchés. Le krach fut moins dû à la prise de conscience de l’inanité d’une telle spéculation qu’aux déséquilibres supplémentaires que la Bourse créait. « 

 » Un processus de nivellement comparable en grandeur et en soudaineté à celui auquel Lénine avait présidé une décennie auparavant. « 
John Kenneth Galbraith dans « la crise économique de 1929 « 

 » De la fin de cycle à la fin du capitalisme

Quelle fin du capitalisme ?
Comme nous l’avons déjà souligné, la fin de cycle du capital n’est pas la fin du capitalisme, elle n’est que la phase ultime de celui-ci ; phase qui peut s’étaler sur toute une période mais qui finira par trouver un terme final. Certes, aujourd’hui où triomphe l’idéologie du capitalisme « triomphant « , « horizon indépassable de l’humanité « , « fin de l’histoire « , cela devient proprement scandaleux – ou irresponsable – que de parler de fin du capitalisme. (…) Persuadés que le capitalisme sera toujours à même de « rebondir  » alors qu’on le croyait agonisant, ils finissent par entretenir un scepticisme complaisant concernant sa disparition, ne cessent de mettre en garde contre tout catastrophisme, tout en faisant de l’ironie à bon compte.  » R. Boyer rappelle avec raison que les rapports sociaux capitalistes ont fait preuve depuis cent cinquante ans, et surtout au 20e siècle, d’une plasticité considérable, et que ceux qui ont annoncé la « crise finale  » en ont été pour leurs frais.  » écrit par exemple F.Chesnais dans son livre « la mondialisation du capital « . (…) Ce point de vue n’est pas nouveau. Il caractérise historiquement tout le courant social-démocrate, qui a toujours exclu l’effondrement économique du capitalisme. Aujourd’hui, cette utopie d’un capitalisme qui n’aurait pas de limites objectives revient en force. (…) Autrement dit, à la théorie de la décomposition du capitalisme entraînant sa mort lente, il faut opposer la théorie de l’effondrement, entraînant sa mort violente, telle que Marx l’avait vue, une fois le système rendu dans sa phase finale :  » Les contradictions capitalistes provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises (…) Cependant ces catastrophes, qui les régénèrent régulièrement se répètent à une échelle toujours plus vaste et elles finiront par provoquer son renversement violent.  » (Gundrisse)

Restaurer quelque peu le taux de profit
Comme nous l’avons vu précédemment, ce qui caractérise le capitalisme désormais, c’est son bas taux de profit. (…) Les capitaux tendent alors à s’éloigner de la sphère productive pour se transformer en purs produits financiers spéculatifs. (…) Restaurer quelque peu le taux de profit, afin de redonner à l’économie un certain dynamisme, devient donc la priorité des priorités. (…) Il s’agit là des fameux  » gains de productivité « . Or, quand on observe l’évolution de ceux-ci, on s’aperçoit que depuis 1973 ils ont fléchi : alors qu’entre 1960 et 1973 la progression des gains de productivité du travail était, pour l’ensemble des pays de l’OCDE, de 4,4% en moyenne par an, entre 1973 et 1992 ils n’ont été que de 1,6%. Ceux-ci n’ont donc réussi à contrecarrer que très partiellement la chute du taux de profit. Les  » nouvelles technologies  » n’ont pas débouché sur les résultats escomptés. Au contraire, en précipitant l’importance du capital fixe au détriment du capital vivant, elles ont eu pour effet de faire baisser le taux de profit, l’insuffisance des gains de productivité n’étant pas à même de compenser cette baisse. (…) Force par conséquent pour le capital de changer son fusil d’épaule. Alors que dans les années 1980 il ne cessait d’exalter les « mutations technologiques  » et autres « modernisations  » avec les avantages qu’elles procureraient (…) Maintenant, il a mis une sourdine à tout ce baratin moderniste pour en revenir à un langage beaucoup plus réaliste, beaucoup plus rude, en un mot plus franchement capitaliste :  » baisse du coût du travail « , comme il dit ! En clair, baisser les salaires réels. (…) D’où les injonctions répétées d’organismes internationaux tels le FMI et la Banque mondiale : baisse des charges pesant sur les entreprises ! Déréglementation du salaire minimum ! Flexibilité des rémunérations et des horaires de travail ! (…) Durant les années 1980, les salaires ont baissé de 13% aux Etats-Unis, de 10% au Canada, de 8% en Australie. (…) Aux Etats-Unis, « une classe de travailleurs pauvres  » est en train de gagner du terrain : en 1992, 18% des travailleurs employés à plein temps gagnait moins de 13.000 dollars par an (ce chiffre correspondait au seuil de pauvreté), contre seulement 12% en 1979 (Le Monde du 4 avril 1994). (…)

Le grand moyen : le retour au libéralisme
A partir de la fin des années 70 a commencé à se faire entendre au sein du monde capitaliste tout un discours visant à souligner que désormais seules « les forces du marché  » étaient à même de re dynamiser l’économie. A cet effet, il fallait ouvrir les frontières de manière à ce que se constitue de par le monde une vaste zone de libre-échange. C’est ce que l’on appelle le « retour au libéralisme « . (…) Ce « choix  » correspondait, en réalité, à une nécessité pour le capital. Pour comprendre cela, retournons quelque peu en arrière. En effet, si l’on jette un coup d’œil sur l’ancien capitalisme d’avant 1974, quel visage offrait-il ? Celui d’un capitalisme bricolé, à moitié étatisée, fonctionnant sur la base d’une « économie mixte  » (…) L’enjeu d’un tel « retour au libéralisme  » est donc clair : il s’agit de se donner le moyen de restaurer le taux de profit (…) en mettant en place un libre-échangisme sans rivage, « mondialisé « , où règnent en maîtres les entreprises multinationales : on en compte de par le monde 37.000 avec 200.000 filiales ; elles emploient 73 millions de salariés et autant chez leurs sous-traitants ; en dix ans, leurs investissements directs se sont multipliés par 4 (…) De plus, elles se sont transformées en « firmes réseaux  » (en groupes à la fois industrielle et financière) ce qui accroît leur autonomie. (…)
Les lamentations à propos de cette orientation libérale du capitalisme mondial n’y changeront rien. Pas plus que les exhortations à ce qu’elle soit régulée.  » La mondialisation n’est pas le fruit, écrit P.Frémeaux dans « alternatives économiques  » n°23, d’un pur déterminisme. Elle résulte autant des choix faits par les gouvernements des grands Etats que de la dynamique mécanique du capitalisme. (…) C’est pourquoi il ne faut pas céder à la résignation et croire que les forces du marché, désormais mondialisées, s’imposeraient désormais à des Etats à la souveraineté limitée à leur territoire et donc impuissants à les dompter. (…) Face aux logiques de guerre économique et à la tentation de repli sur l’espace national, le véritable défi est de donner un sens positif à la mondialisation. « 
Admirable morceau de bravoure de cette espèce de prose actuelle caractérisant la pensée petite-bourgeoise vaguement de gauche qui, désormais, en guise de discours « réformiste « , réduit son objectif à un programme d’accompagnement du capitalisme. (….)

Le retour à la dynamique des crises
Depuis 1945, l’économie capitaliste se caractérisait par une croissance soutenue, régulière, avec seulement quelques faibles ralentissements que l’interventionnisme étatique se chargeait vite d’interrompre. Depuis 1980, la croissance ne décrit plus la même figure. (…) Certains analystes qui n’ont rien de marxiste le reconnaissent eux-mêmes : c’est le retour des cycles. (…) Pour que l’accumulation du capital puisse se poursuivre, il ne suffit pas d’extraire suffisamment de plus-value du travail exploité, il faut également réaliser en argent cette plus-value sur le marché. Or, soulignait Marx, « les conditions de l’exploitation immédiate et celle de sa réalisation ne sont pas identiques. (…) Les unes n’ont pour limite que la force productive de la société, les autres, les proportions respectives des diverses branches et la capacité de consommation de la société. Or celle-ci n’est déterminée ni par la force productive absolue, ni par la capacité absolue de consommation, mais par la capacité de consommation sur la base des rapports de distribution antagoniques, qui réduit la consommation de la grande masse à un minimum susceptible de varier seulement à l’intérieur de limites plus ou moins étroites.  » (Le Capital – Livre Trois)
(…) Avec la montée du chômage, des millions d’individus ont vu leurs revenus réduits à des allocations chômage de plus en plus chichement distribuées et le paupérisme est revenu en force, touchant des fractions entières de la population, comme aux Etats-Unis où 27,6 millions de personnes, en janvier 1994, dépendaient des coupons alimentaires du gouvernement (Le Monde du 4 avril 1994) ou bien la Grande-Bretagne où 13,9 millions de personnes vivaient au-dessous du seuil de pauvreté, contre 5 millions en 1979. (Le Monde du 11 février 1995)
(…) Toutes les mesures que prend le capitalisme visent à restaurer quelque peu le taux de profit : baisse des salaires directs et indirects, délocalisations en vue de trouver les mains d’œuvre le moins cher possible. (…) Il en résulte une diminution des capacités de consommation des masses et une anarchie de plus en plus grande du marché, ces deux facteurs ayant pour effet de le précipiter vers une dynamique de crises. (…) Il n’y a pas d’accumulation illimitée du capital. Ne pas accepter ce cours catastrophique du capital aboutissant à des « explosions, des cataclysmes et des crises  » qui finiront par provoquer le renversement violent du capitalisme (Marx), c’est nécessairement entrer dans l’univers mental mystificateur de ses apologistes qui voient en lui une forme sociale « naturelle et éternelle « .

Epilogue
Evoquer ainsi la fin du capitalisme, c’est toutefois laisser subsister une ambiguïté : celui-ci peut bien s’écrouler économiquement, pour qu’il disparaisse vraiment, il faut une action révolutionnaire, sinon il ne fera que pourrir sur place.
Un tel cas de figure n’était pas retenu par Marx. Pour lui, le développement ultime du capitalisme signifiait l’exacerbation de ses contradictions économiques et, par conséquent, de ses contradictions sociales, car « le capital n’est pas une chose, mais un rapport social entre des personnes médiatisé par des choses.  » (Le Capital – Livre Un)
(…) La croyance en un avenir meilleur dans le cadre du capitalisme s’effrite (en témoigne l’affaiblissement des idéologies et des organisations réformistes), que la croyance au bulletin de vote comme moyen de modifier la situation s’effiloche (…) et que le mythe du consensus social commence à se déliter au point que l’on voit certains dirigeants politiques bourgeois agiter la sonnette d’alarme. (…) Il s’agit là de signes qui indiquent que le conformisme idéologique et l’apathie sociale ne sont pas destinées à durer éternellement. (…) « 

Extraits de « enquête sur le capitalisme dit triomphant  » (1995)
de Claude Bitot

La crise des années 70 comparée à celle de 1929
« la crise actuelle est-elle la répétition de celle de 1929 ?  » de Robert Boyer
article pour le n°8206 de la revue du Cepremap (centre d’études prospectives d’économie) :
 » Lors des années vingt, la forte croissance de l’économie repose sur un boom de l’accumulation portant de façon privilégiée sur la section des moyens de production. Quant à la croissance de l’emploi, elle est dans sa quasi-totalité dépendante du succès de l’accumulation puisqu’elle est uniquement le fait de la section 1. La crise de 1929 apparaît donc comme une crise de suraccumulation dans la section 1, ce qui explique que, de 1929 à 1938, la chute de l’accumulation, différentielle ment plus marquée dans la section 1, impose le retour à une relative cohérence des deux sections mais au prix d’une contraction cumulative de la production et de l’emploi. A l’opposé, à partir de la fin des années cinquante, l’accumulation se porte simultanément sur les deux sections, signe d’une forme nouvelle d’articulation entre les conditions de production – tout particulièrement dans la section 2, initialement retardataire par rapport aux normes américaines – et les conditions de vie des salariés. (…) Dans la crise actuelle – tout comme de 1930 à 1938 – la montée du chômage ne dérive pas de désajustements conjoncturels, mais bien de l’arrivée aux limites d’un régime d’accumulation – lui-même conséquence d’un ensemble de formes structurelles ou institutionnelles originales. (…)
Le mode de croissance de l’après seconde guerre (…) a buté aux Etats-Unis depuis le milieu des années soixante (…) sur les limites de l’approfondissement de la division sociale et technique du travail, hypothéquant la poursuite des gains de productivité élevés, base sur laquelle repose la stabilité du mode de croissance due en particulier à la complémentarité salaire profit d’une part, consommation et investissement de l’autre. (…) Aux Etats-Unis dans le milieu des années soixante se manifeste un problème majeur de productivité industrielle, que ces difficultés naissent du caractère de plus en plus coûteux du développement des forces productives ou des luttes des travailleurs (…). Si La crise de 1929 était marquée par l’incompatibilité entre un taux de profit – trop haut – et des perspectives de réalisation – insuffisantes du fait même du niveau du taux de profit -, la dynamique à l’œuvre après 1945 se manifeste au contraire par une très grande régularité de la croissance qui conserve jusqu’en 1973 un niveau élevé. (…) C’est l’ensemble des formes institutionnelles, d’un régime d’accumulation intensive centrée sur la consommation de masse et d’une régulation dite « monopoliste  » qui entre en crise au début des années soixante-dix. (…) Apparemment, les années 1930-1931 d’une part, 1974-1975 de l’autre, font apparaître une étonnante similitude quant à la contraction de la production industrielle et du PIB (environ – 11% pour la première, – 4% pour la seconde). De la même façon, l’investissement se contracte massivement bien qu’à un rythme moindre en 1975 (- 7% contre – 15%). De fait, au-delà de ces similitudes, on enregistre deux différences fondamentales :

-Après la chute de la production pendant quatre trimestres, le mouvement se renverse au milieu de l’année 1975 alors que la dépression ne cesse de s’approfondir jusqu’en 1932 ;

-Au cours des deux années sous revue, une différence fondamentale tient à l’opposition entre une déflation qui va s’approfondissant (respectivement
–2,8% et -7,5% de chute des prix à la consommation en 1931 puis 1932) et la poursuite de l’inflation à un rythme élevé peu affecté par l’ampleur de la récession (10,9% et 9,6% par an en 1975 et 1976). (…)
Si la récession (des années soixante-dix) s’arrête au bout de quatre trimestres, c’est pour l’essentiel du fait de la poursuite d’une forte croissance de la consommation des ménages (+ 4,2% par an) alors qu’au contraire elle avait chuté de 1930 à 1931 (-5,1%). Ainsi s’explique qu’après une première année de réduction de l’investissement, ce dernier se remette à croître légèrement, du fait des pressions qu’exerce la demande finale sur les capacités de production d’abord dans le secteur des moyens de consommation et par extension dans celui des moyens de production. Enfin, la reprise de la croissance des exportations au milieu de l’année 1975 s’oppose à l’effondrement qui survient de 1931 à 1932, lui-même conséquence de la montée du protectionnisme et de la dislocation des relations internationales qui marquent les années trente. (…) Le contraste entre l’effondrement de la consommation dans les années trente (son taux annuel de variation passe de 2,3% à – 3,8% après 1930) et la très légère décélération après 1974 (de + 4,9% à + 3,6% par an) est frappant (…)
La crise actuelle trouve son origine dans le divorce entre un niveau de taux de profit trop bas et la poursuite d’une croissance des débouchés de moyens de consommation, impulsée par le rapport salarial, dans un premier temps tout au moins. Dans un second temps, le blocage de l’accumulation a pour conséquence de réduire le dynamisme de la consommation, crise liée à l’insuffisance de la rentabilité et récession dérivant de la contraction de la demande effective cumulant leurs effets. Tout le problème est alors celui du relèvement du taux de profit. (…)
Il est clair que la complexité de ce réseau de contradictions marque l’arrivée aux limites du mode de développement lui-même et non pas un « dérèglementt passager « . (…) Quelles qu’en soient les causes (suraccumulation liée à la montée de la composition technique ou à une croissance « disproportionnée « , conséquence de la spéculation financière) les crises trouvent leur origine dans une baisse du profit qui, contractant l’accumulation, déclenche une chute de la production, donc de l’emploi. La reprise intervient lorsque les faillites industrielles et bancaires et le chômage induisent un relèvement du profit suffisant pour enclencher une nouvelle phase d’expansion, initiée par la restauration des bases de l’accumulation (abondance des réserves de main d’œuvre, salaires bas, possibilités de crédit … donc haut niveau du taux de profit). (…)
Une crise cyclique correspond à un épisode de chute de la production, d’effondrement de l’accumulation, de faillites industrielles et bancaires selon un mouvement assurant la reconstitution quasi automatique des bases d’une reprise de la croissance à formes institutionnelles globalement inchangées. A l’opposé, une crise structurelle ou grande crise, désigne un épisode au cours duquel la dynamique de la reproduction économique entre en contradictions avec les formes sociales et institutionnelles sur la base desquelles elle opère. « 

Chronologie des crises capitalistes

1780 : naissance du capitalisme anglais
1817 : récession
1825 : crise de surproduction industrielle, première crise capitaliste
1836-39 : récession
1846-48 : crise de sous-production agricole
1857 : première crise industrielle et financière (Etats-Unis, Grande Bretagne puis France)
1866 : récession
1873 : baisse de la production de biens d’équipement, hausse du prix du charbon, baisse du rendement des chemins de fer et de la sidérurgie puis crise boursière et bancaire (Allemagne, Autriche, Etats-Unis)
1882 : faillite bancaire en France puis spéculations boursières sur fond de chute agricole française et anglaise face aux USA
1890-93 : croissance économique zéro. Faillite à la bourse de Londres sur fond de baisse de la production européenne et américaine. En 1891, crise économique et financière en Italie. Aux USA, grandes grèves et trois millions de chômeurs. En 1893, crise aux USA, en Argentine et en Australie.
1900 : récession
1907 : crise économique et sociale au Japon
1913 : essoufflement des industries de la première industrialisation, endettement, inflation et contraction des échanges
1920-1923 : crise mondiale d’après-guerre puis crise monétaire en Allemagne
1929-1932 : crise boursière US suivie d’une récession mondiale
1949 : Petite récession
1953 : récession américaine
1970-75 : crise du dollar, puis crise pétrolière et récession
1979 : second choc pétrolier
1980-82 : récession
1982 : Mexique en cessation de paiements
1987 : krach boursier US dus au déficit de la balance commerciale américaine
1990 : krach boursier de Tokyo
1994-95 : crise mexicaine
1997-98 : crise financière « asiatique  » et russe : crise des monnaies et fuite des capitaux
2001 : krach du Nasdacg et scandales financiers américains, crises argentine, turque et brésilienne
2007 : crise des organismes de prêt au logement US et crise boursière

Où en est l’économie mondiale ?

Le capitalisme vole-t-il vers de nouveaux sommets au travers des crises ou est-il en train de rouler à toute vitesse vers un mur, celui qui limite le développement capitaliste ? On le présente volant de succès en succès après l’absorption de l’URSS, des pays de l’Est, et des divers pays ex-(soi disant) socialistes, conquérant la planète par sa « mondialisation  » par ses technologies nouvelles, développant des secteurs nouveaux, multipliant ses profits et ses investissements. Mais il est, au contraire, en recul, limité dans son développement par des contradictions de plus en plus menaçantes, au bord du gouffre, de la catastrophe mondiale, du krach boursier, du fait de l’impossibilité de développer les investissements productifs à la même échelle que les profits fabuleux accroissent le grand capital, la multiplication des capitaux financiers menaçant de déstabiliser le monde en transformant la prochaine récession américaine en une vaste crise de confiance s’attaquant à toutes les institutions financières comme en 1929.
Faut-il croire les capitalistes lorsqu’ils annoncent des profits futurs toujours plus importants ou les croire lorsqu’ils plaident pour l’austérité au nom de la crise économique ou simplement de la nécessité de rester prudents ? Faut-il les croire quand ils annoncent un règne capitaliste sans nuage ou quand ils affirment que des gros dangers pèsent sur un système de plus en plus géant, de plus en plus mondialisé et déséquilibré par l’endettement et l’hypertrophie des marchés financiers ? Le capitalisme est-il en phase ascendante et dans sa période la plus longue de prospérité ou, au contraire, bute-t-il de manière de plus en plus incontournable sur des limites qu’il est incapable de repousser ? Sur quoi se fonde la croissance des profits ? Uniquement sur l’accroissement de la misère et de la surexploitation ou sur celle-ci et du coup sur une restriction du marché qui ne peut mener que dans le mur ou sur une réorganisation qui réduit les coûts avec une redistribution des richesses au sein des possédants, une concentration de la richesse essentielle en un plus petit nombre de mains ?
Y répondre n’est pas simple car il faut bien savoir ce que l’on veut se donner comme critères et ce que ce que l’on veut mesurer avec ceux-ci. Il importe de mesurer l’expansion et la croissance capitaliste et de mesurer l’importance des crises. Rappelons d’abord que les deux sont loin de s’opposer sauf dans un certain nombre de discours mensongers. Si le monde a connu récemment de nombreuses crises (américaine en 1971, américaine en 1987, japonaise en 1990, mexicaine en 1994 avant la « crise des pays émergents  » de 1997, les seules phases de récession économique globale de toute cette période sont 1974-76 et 1980-82. Est-ce en pleine expansion que le capitalisme a besoin de nombreuses crises cycliques, pour résoudre au passage ses contradictions, dans le cas de 2007 et de la crise boursière initiée par les pertes du secteur financier lié à la bulle spéculative de l’immobilier américain ? Ces dernières années, les crises cycliques n’ont pas manqué et l’on sort tout juste de la crise financière de 1997 qui a touché un grand nombre de pays de l’Asie, de la Russie et des pays de l’Est en l’Amérique latine soit une grande part des pays sous-développés. Il est donc évident que des crises, notamment financières, sont toujours nécessaires au fonctionnement capitaliste. Cependant cela ne répond pas entièrement au problème. Certaines crises type 1929 proviennent des limites infranchissables d’un capitalisme bloqué plutôt que de crises de croissance ? Est-ce qu’après la crise, le capitalisme est reparti de plus belle, produisant de nouveaux profits ?
Ainsi, dans sa phase ascendante de départ le capitalisme avait-il des crises cycliques tous les 9-10 ans qui étaient des crises de croissance. Mais ces crises ne sont pas du même type que la crise de 1929 qui n’est pas le sommet de la crise, car la reprise n’a pas eu lieu ensuite. Après la crise de 1929, il a fallu attendre le milieu des années 40, c’est-à-dire qu’il a fallu la guerre et la destruction d’une grande partie du monde, pour que le capitalisme reparte. Quant à la crise de 1929, elle n’était pas une crise de croissance. C’est au sommet de sa prospérité que le capitalisme a connu la crise de 1929 et non du fait d’un recul économique, d’une récession, d’une baisse des investissements. Cela signifie que la crise systémique se produit quand le capitalisme atteint ses limites. C’est cette limite qui impose la suraccumulation, c’est-à-dire le fait que les capitaux issus des profits soient trop nombreux par rapport aux possibilités d’investissements productifs rentables. C’est seulement ensuite, comme conséquence essentiellement de la catastrophe financière

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Dans : générale
Par blindingunblogfr
Le 10 octobre, 2008
A 2:41
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