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l’esclavage aboli par les révoltes d’esclaves et non pas par les bon maitres

L’esclavage aboli par les révoltes d’esclaves

et pas par les «  bons  » maîtres ….

 

LE CODE NOIR (EXTRAITS) Article 33L’esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mortArticle 34Et quant aux excès et voies de fait qui seront commis par les esclaves contre les personnes libres, voulons qu’ils soient sévèrement punis, même de mort, s’il y échet.

Article 35Les vols qualifiés, même ceux de chevaux, cavales, mulets, bœufs ou vaches, qui auront été faits par les esclaves ou par les affranchis, seront punis de peines afflictives, même de mort, si le cas le requiert.Article 36Les vols de moutons, chèvres, cochons, volailles, canne à sucre, pois, mil, manioc ou autres légumes, faits par les esclaves, seront punis selon la qualité du vol, par les juges qui pourront, s’il y échet, les condamner d’être battus de verges par l’exécuteur de la haute justice et marqués d’une fleur de lys.

Article 38L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lis une épaule; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.Article 39Les affranchis qui auront donné retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs, seront condamnés par corps envers les maîtres en l’amende de 300 livres de sucre par chacun jour de rétention, et les autres personnes libres qui leur auront donné pareille retraite, en 10 livres tournois d’amende par chacun jour de rétention.

Article 40L’esclave sera puni de mort sur la dénonciation de son maître non complice du crime dont il aura été condamné sera estimé avant l’exécution par deux des principaux habitants de l’île, qui seront nommés d’office par le juge, et le prix de l’estimation en sera payé au maître; et, pour à quoi satisfaire, il sera imposé par l’intendant sur chacune tête de nègre payant droits la somme portée par l’estimation, laquelle sera régalé sur chacun desdits nègres et levée par le fermier du domaine royal pour éviter à frais.Donné à Versailles au mois de mars 1685.

Signé : Louis le quatorzième.

PETIT HISTORIQUEAvec les débuts de la révolution française, lors des Etats Généraux convoqués par le roi en mars 1789, des représentants des Antilles se sot présenté, se disant délégués des populations locales, pour l’essentiel formées d’esclaves. Il existait déjà des mouvements dans la métropole pour l’abolition de l’esclavage et ils n’ont pas manqué de dénoncer le stratagème :

Des esclavagistes candidats à représenter … les Noirs

«  Les Planteurs de nos Colonies demandent à avoir 21 députés aux Etats Généraux. Ils ont calculé ce nombre, non seulement d’après la population blanche, mais d’après les populations noires. Comment ces mêmes hommes qui ne rougissent pas d’acheter les Africains et de les traiter comme des bêtes de somme, veulent aujourd’hui les élever non seulement d’hommes mais d’hommes libres ! Ainsi, ils osent aujourd’hui mettre des Noirs sur la ligne des Français, tandis que nous les avons vus constamment, et dans leurs écrits et dans leurs discours, les dégrader au dessous du niveau de l’espèce humaine ! Ah ! Si ce changement de langage n’avait d’autre objet que de réparer une erreur, que d’expier les délits des siècles passés, si les Planteurs ne demandaient à représenter les Noirs que pour avouer, enfin à la face de l’univers, qu’ils sont hommes comme nous, ayant les mêmes droits que nous (..) il ne serait pas de Français sensibles, éclairé, qui ne s’écriât : partageons nos droits avec les Noirs, ils sont hommes, ils sont nos frères. Mais gardons-nous ici du piège qu’on leur tend ; ce n’est pas pour faire rendre aux Noirs leur liberté, ce n’est pas pour en proscrire à jamais l’horrible trafic, que les Planteurs réclament une représentation nombreuse ; non, c’est pour continuer, pour faire sanctionner par la Nation, le régime actuel (..)  »

Brissot (Note sur l’admission des planteurs)Cela n’a nullement empêché ces Planteurs d’obtenir leur représentation et d’exercer une certaine influence sur les assemblées.Pendant la célèbre nuit du 4 août 1789 où les privilèges féodaux sont abolis par la peur de la révolte des paysans, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d’étendre aux esclaves le principe d’égalité devant la Loi.

L’Assemblée Constituante fait un modeste pas en avant en accordant en mars 1790 quelques droits politiques aux mulâtres et aux Noirs affranchis. Manifestement insuffisant !… Le 15 mai 1791, le débat fait à nouveau rage à l’Assemblée nationale. Les représentants des colonies, des planteurs de souche noble, menacent de proclamer leur indépendance si l’on abroge l’esclavage.
« On nous menace du ressentiment de ces nobles d’outre-mer… Ils se consoleront comme se sont consolés les nobles français qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette sécession devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifier la colonie plutôt qu’un principe », répond un audacieux député, Pierre Samuel Dupont de Nemours. Finalement, l’Assemblée se contente d’accorder le droit de vote à certains hommes de couleur libres.
Le 28 mars 1792, la nouvelle Assemblée législative va un peu plus loin et établit une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l’exception des esclaves).
Ces demi-mesures ne satisfont guère les esclaves de l’île de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), la principale et la plus riche de toutes les colonies françaises. Ces derniers se soulèvent sous le commandement d’un chef nommé Toussaint Louverture.
Devant ce soulèvement et les menaces d’invasion anglaise et espagnole, les commissaires de la République française à Saint-Domingue, Sonthonax et Polverel, se résignent à proclamer la liberté générale des esclaves. C’est chose faite le 29 août 1793 dans la province du Nord et le 4 septembre dans les parties ouest et sud.
La Convention généralise ces décision en votant enfin l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies sur une proposition des députés Lacroix, Danton et Levasseur. Les députés de Saint-Domingue sont l’objet de toutes les attentions et le décret du 16 pluviôse An II est voté dans l’enthousiasme.
Il énonce : « La Convention déclare l’esclavagedes nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution. »
Le vote des Conventionnels passe néanmoins inaperçu dans l’opinion publique.
Il est frappant d’observer que, quelques décennies plus tard, le grand historien Jules Michelet n’accorde aucune place à cet événement dans sa monumentale « Histoire de la Révolution française ».
Le décret, il faut l’avouer, est appliqué de façon très variable selon les colonies.
Dans l’archipel des Mascareignes, dans l’Océan Indien (île de la Réunion et île de France, aujourd’hui île Maurice), il est proprement ignoré du fait de l’opposition résolue des colons. L’île de France, plus tard annexée par Londres, attendra 1833 pour abolir l’esclavage et la Réunion, restée française, 1848.
Dans les Antilles, avant même que le décret prenne effet, les Anglais se sont emparés de la Martinique et de la Guadeloupe. Ils resteront en Martinique jusqu’à la paix d’Amiens (1802), date à laquelle ils rendront l’île aux Français. Dans cette île, l’esclavage ne sera donc pas aboli avant l848.
La Guadeloupe suit un destin très différent. Les Anglais en sont chassés presqu’immédiatement, en mai 1794, par un capitaine de navire français, Victor Hugues, à la tête d’un détachement d’un millier d’hommes. Le nouveau maître de l’île fait immédiatement appliquer le décret de Pluviôse mais les Noirs, à peine libérés de leurs chaînes, sont aussitôt astreints à travailler comme salariés sur les plantations.
Dans la grande et riche île de Saint-Domingue, les planteurs appellent les Anglais sitôt voté le décret de Pluviôse ! Le chef des esclaves insurgés, Toussaint Louverture, voyant cela, se rallie au gouvernement de la Révolution et combat les Anglais qui ont débarqué en masse sur l’île. En octobre 1798, le dernier Anglais quitte l’île.
Toussaint Louverture, fort de son succès, annexe la partie espagnole de l’île. Il rétablit la prospérité en imposant, comme en Guadeloupe, le travail forcé. Le 8 juillet 1801, il proclame l’autonomie de Saint-Domingue et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République. A Paris, le Premier Consul Napoléon Bonaparte n’apprécie guère…
Bonaparte envoie à Saint-Domingue une puissante expédition militaire pour reprendre possession de l’île, sous le commandement de son beau-frère, le général Charles Leclerc. Ce sera un dramatique échec. Il envoie en Guadeloupe une autre expédition sous le commandement du général Antoine Richepance. Celle-ci réussira à reprendre l’île aux insurgés et à y restaurer l’esclavage, conformément au décret pris par le Premier Consul le 20 mai 1802…
La France n’abolit définitivement l’esclavage qu’en 1848, quinze ans après le Royaume-Uni.

A Saint-Domingue, alors partagée entre la France et l’Angleterre, le représentant français de l’île décide d’empêcher l’expansion des anglais sur la partie française en mettant les noirs de son côté, et particulièrement l’armée menée par Toussaint Louverture  : en août 1793, il décrète l’abolition de l’esclavage dans la partie française.
A la suite de ces évènements, le 4 février 1794, est rédigée la première abolition française de l’esclavage : « La Convention Nationale déclare que l’esclavage des nègres dans toutes les colonies est aboli. En conséquence, elle décrète que tous les hommes sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies sont citoyens français, et jouiront de tous les droits assurés par la constitution« . Suivi d’aucun décret d’application, cet article n’a jamais été respecté par les propriétaires d’esclaves, déclenchant ainsi de nouvelles révoltes dans les plantations. Une autre conséquence plus positive sera le ralliement de Toussaint Louverture à la France, qui proclame son intention d’établir une république noire.

Avec l’arrivée de Napoléon 1er (Bonaparte) en 1799, et afin de rétablir l’économie coloniale, l’esclavage est officiellement rétabli le 20 mai 1802.
Article 1 : »L’esclavage sera maintenu conformément aux lois et réglements antérieurs à 1789« . Le Code noir est restauré et la traite négrière reprend. Cette décision soulève des mouvements de révolte dans les différentes colonies, et oblige la France à envoyer des hommes armés en Guadeloupe et à Saint-Domingue pour rétablir l’ordre. Néanmoins, en 1804, Saint Domingue, devient la République d’Haïti (reconnue par la France seulement en 1825).
En Guyane, la conséquence du rétablissement de l’esclavage est d’avoir amplifié le marronnage.

En 1815, la traite est interdite par Napoléon, cependant elle se poursuit et les conditions de transport des esclaves ne s’améliorent pas.

En 1831, sous la Monarchie de Louis-Philippe, les droits civiques sont reconnus à tous les « hommes de couleur » libres et la Loi du 4 mars interdit la traite. Cette interdiction impose de lourdes peines aux contrebandiers. Malheureusement, ces mesures n’empêchent pas la traite de se poursuivre, elle en est même renforcée.
Cette loi sera pourtant appliquée en Guyane à partir de 1833, et les Noirs saisis sur les bateaux négriers de contrebande seront débarqués dans la colonie, avant d’être libérés.

REVOLTE DES ESCLAVES D’HAITI/SAINT DOMINGUELe 14 août 1791, au Bois-Caïman, dans la plaine du Nord, de nombreux esclaves décidèrent d’une révolte, sous l’autorité de Boukman, assisté de Jean-François et Biassou. Ce premier acte de la révolution des esclaves aurait pris la forme d’une cérémonie vaudoue. En quelques jours, toute les plantations du Nord furent en flammes et un millier de blancs, massacrés. Malgré la répression où Boukman fut tué, des bandes d’esclaves armés persistèrent dans les campagnes et les montagnes. Dans d’autres parties du pays, des révoltes plus spontanées s’ensuivirent.Le soulèvement des esclaves entraîna de vifs débats à la nouvelle Assemblée législative de Paris. Celle-ci fut d’abord sensible aux arguments des colons : Elle envoya des commissaires civils pour ramener à l’ordre les libres et les esclaves. Alors que ces derniers étaient demandeurs d’une paix honorable, la raideur des colons ranima les révoltes. La Législative finit alors par se rallier aux arguments des Girondins comme Brissot, Elie Guadet et Armand Gensonné. Le 4 avril 1792, fut promulguée dans l’enthousiasme l’égalité des droits des libres et des blancs. Pour la faire appliquer, de nouveaux commissaires civils, dont Léger-Félicité Sonthonax et Etienne Polverel, furent envoyés à Saint-Domingue, appuyés de quatre mille volontaires de la garde nationale.

Ceux-ci débarquèrent au Cap le 18 septembre 1792, à la veille de la proclamation de la République française. Sonthonax annonça à son arrivée qu’il entendait préserver l’esclavage. Mais il avait écrit un an plus tôt : «  Les terres de St Domingue doivent appartenir aux noirs. Ils les ont acquises à la sueur de leur front  » et ne reçut que défiance de la part des colons. Les commissaires s’allièrent d’abord aux mulâtres pour s’imposer. Ils eurent du succès, notamment à Port-au-Prince.

Mais l’exécution du roi, le 21 janvier 1793, déclancha un nouveau clivage. Le 21 juin 1793 au Cap-Français, le nouveau gouverneur Galbaud, royaliste, s’allia aux colons pour renverser les commissaires. Acculés, ceux-ci promirent la liberté à tout esclave qui se battrait pour la République. Des hordes envahirent la ville, la pillèrent et l’incendièrent. Dix mille colons s’expatrièrent.

De leur côté, l’Angleterre et l’Espagne, qui avaient déclaré la guerre à la France, attaquaient Saint-Domingue, qui par la mer, qui par les terres depuis la partie orientale de l’île, possession espagnole. Les espagnols avaient avec eux des colons royalistes ainsi que des bandes d’esclaves révoltés, comme celle de Jean-François et de Biassou, à qui ils avaient promis la liberté. A l’été, de nombreux ports et la plus grande partie du pays étaient occupés.

A la recherche d’alliés, Sonthonax proclama l’abolition de l’esclavage dans le Nord le 29 août 1793. Un mois plus tard, Polvérel fit de même dans le reste du pays.

Aprenant cette décison, la Convention vota, dans l’enthousiasme, le 4 février 1794 l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies.

Toussaint Louverture et la révolution noire [modifier]L’affranchi Toussaint Bréda (du nom de la plantation au Haut-du-Cap où il naquit en 1743) exerçait, malgré sa laideur et sa petite taille, un ascendant tant par ses origines africaines qu’on disait royales Arada que par ses qualités de lettré, de cavalier et de médecin par les plantes.Il devint aide-de-camp de Georges Biassou, un des successeurs de Boukman, qui se rallia aux Espagnols de l’est de l’île en 1793 afin de combattre les colons. Initié à l’art de la guerre, il remporta plusieurs victoires audacieuses qui lui valurent le surnom de L’Ouverture.

L’abolition de l’esclavage par les commissaires civils le fit réfléchir. Après un échange de courriers avec le général républicain Etienne Lavaux, il changea brutalement de camp en mai 1794. En quelques mois, il refoula les espagnols à la frontière orientale de l’île et vainquit les troupes de ses anciens chefs qui leur étaient restés fidèles. En 1795, il libéra l’intérieur des terres. La Convention l’éleva au grade de général en juillet 1795. En mars 1796, le gouverneur Laveaux, qu’il avait délivré d’une révolte au Cap, le nomma Lieutenant Général de Saint-Domingue.

A mesure de ses victoires, Toussaint confirmait l’émancipation des esclaves.

Grâce aux renforts arrivés de métropole en mai 1796, il reprit la lutte contre les anglais qui tenaient de nombreux ports. Lassés d’un combat sans espoir, ceux-ci finirent par négocier directement avec lui et abandonnèrent St Domingue le 31 août 1798.

Toussaint avait, en effet, éloigné les représentants de l’autorité métropolitaine, y compris Lavaux en octobre 1796, et Sonthonax en août 1797, pourtant revenu comme commissaire civil. Il avait habilement fait élire ces derniers députés de St Domingue à Paris. Le dernier commissaire envoyé par le Directoire, le général Hédouville, embarqua en octobre 1798, après avoir constaté que l’armée n’obéissait qu’à Toussaint.

Les mulâtres, menés par le général André Rigaud étaient les derniers à discuter son autorité. Ils tenaient le sud du pays. Avec l’aide de ses lieutenants Christophe et Dessalines, Toussaint les vainquit en août 1800 après une guerre civile sanglante d’un an. Rigaud embarqua pour la France.

Enfin, après avoir envahi en un mois la partie espagnole de St Domingue (janvier 1801), il établit son autorité sur toute l’île.

Toussaint organisa la remise en marche de l’économie en invitant les colons à y revenir, y compris ceux qui avaient choisi le parti contre-révolutionnaire. Il publia le 12 octobre 1800 un réglement de culture obligeant les noirs à reprendre le travail sur les plantations. Ce travail forcé fut mal perçu par la population. En novembre 1801, une révolte éclata dans les ateliers du Nord. Il la mata et fit fusiller treize meneurs, dont son neveu adoptif, le général Moyse.

Le 8 juillet 1801, il promulgua une constitution autonomiste qui lui donnait les pleins pouvoirs à vie.

La reconquête française et la guerre d’indépendance [modifier]En représailles, Napoléon Bonaparte, qui avait signé avec l’Angleterre les préliminaires de la paix d’Amiens le 18 octobre 1801, expédia une expédition militaire française de vingt mille hommes et quatre-vingt-six vaisseaux, menée par son beau-frère le général Leclerc, pour reprendre le contrôle de l’île. Les instructions secrètes de Bonaparte étaient de rétablir l’esclavage.Toussaint arrêta une stratégie de défense de marronnage : Devant l’arrivée des français, en février 1802, les villes furent incendiées et les troupes se retirèrent sur les hauteurs pour pratiquer une guerre d’usure. Les français investirent le plus souvent des villes en ruines, comme le Cap. Les noirs résistèrent, mais durent reculer devant la puissance de l’armée de Leclerc. A la fin avril, les français tenaient toute la côte au prix de cinq mille morts et autant de malades ou blessés.

Leclerc offrit la liberté à Toussaint et l’intégration de ses hommes dans l’armée française en échange de sa reddition. Toussaint accepta. Mais, un mois plus tard, le 7 juin 1802, trompé par de fausses garanties, il fut fait prisonnier. Il aurait dit en embarquant : « En me renversant, on n’a abattu que le tronc de l’arbre de la liberté des Noirs. Il repoussera par les racines, car elles sont profondes et nombreuses. » Enfermé au Fort de Joux, dans le Jura, il y mourra le 7 avril 1803.

Les vingt mille soldats de Toussaint restèrent un temps fidèles à Leclerc. Mais ce dernier ordonna le désarmement général de la population et, pour y aboutir, usa d’exécutions sommaires. Il rétablit l’esclavage dans l’est de l’île, anciennement espagnole, en juillet 1802.

En octobre 1802, les troupes ralliées aux français firent défection, sous la conduite des anciens lieutenants de Toussaint, dont Pétion, Christophe et Dessalines. Par des attaques multiples, plusieurs villes furent reprises dans le mois. Les troupes françaises, frappées de plus par les maladies tropicales, résistaient mal. Leclerc décèda de la fièvre jaune le 1er novembre.

Le général Rochambeau lui succèda. Energique, connaissant Saint-Domingue pour y avoir fait campagne en 1792, il sut reprendre quelques villes, mais pas l’intérieur du pays. Sa cruauté était telle qu’elle eut pour effet d’amplifier la résistance.

Jean-Jacques Dessalines fédèra la rébellion et lui donna une ambition de guerre d’indépendance. Le 18 mai 1803, le blanc du drapeau français fut déchiré pour créer le drapeau de l’armée indigène bleu et rouge. Il symbolisait l’alliance des noirs et des mulâtres, séparés des blancs. D’août à octobre, les villes furent reprises. Les français ne détenaient plus guère que le Cap. La défaite finale eut lieu à la bataille de Vertières le 18 novembre 1803.

Le 1er janvier 1804, Dessalines déclara l’indépendance du pays qu’il baptisa de son nom indien. Haïti devint ainsi la première république noire du monde.

ConclusionLe bilan en vies humaines fut particulièrement lourd. En 1804, la population haïtienne était réduite à environ 300 000 âmes, au lieu des quelques 550 000 à la veille de la révolution.Il faudra, de plus, attendre 1825 pour que la France de Charles X « concède » l’indépendance à Haïti, moyennant le paiement d’une indemnité de 150 millions de francs or pour « dédommager les anciens colons ». Renégociée en 1838 à 90 millions, cette dette d’indépendance fut entièrement honorée par versements successifs jusqu’en 1883. Certains historiens identitaires caribéens affirment que cette dette a rendu Haïti la nation la plus sous-développée d’Amérique.

CHRONOLOGIE DES ABOLITIONS1815 : Décision d’abolition de la traite par les puissances européennes au congrès de Vienne.
1822 : Abolition à Santo Domingo
1823 : Chili
1826 : Bolivie
1829 : Mexique
1833 – 1838 : Colonies britanniques des West Indies (îles des Caraïbes orientales, Jamaïque, Trinidad, Honduras et Guyane britannique) et de l’île Maurice (ex. Ile de France).
1846 – 1848 : Colonies des îles Vierges danoises (Sainte – Croix, Saint – Jean, Saint – Thomas).
1847 : Saint – Barthélémy (Suède).
1848 : Colonies françaises (Guadeloupe, Martinique, partie française de Saint – Martin, Guyane et îles de la Réunion).

L’ABOLITION FRANCAISE DE L’ESCLAVAGE EN 1848En 1848, le ministre de la marine et des colonies, Arago, n’envisage pas une abolition immédiate de l’esclavage. Il veut attendre que la nouvelle constitution soit votée. En attendant, il fait de vagues promesses. V. Schoelcher va le pousser dans la voie d’une action rapide. Le 3 mars, ils se rencontrent : 
  « Dans un entretien que nous eûmes ensemble ce même jour (le 3 mars), M. Schoelcher me prouva qu’il fallait absolument revenir à l’idée de l’émancipation immédiate …Les arguments de M. Schoelcher portèrent une entière conviction dans mon esprit, et je résolus de présenter à mes collègues un décret d’émancipation immédiate. »

Le point de vue de Schoelcher :

« Le gouvernement provisoire a été parfaitement logique lorsqu’il appela au suffrage universel les esclaves qu’il affranchissait. En rendant les nègres à la liberté, on ne pouvait leur marchander le droit, on ne pouvait en faire des demi-citoyens, des quarts de citoyen … Les colonies ne pouvaient être privées du suffrage universel sans lequel il n’y a pas de République »

« Le travail perdra-t-il des bras ? Sans aucun doute, au premier jour de l’émancipation, les nègres voudront se sentir vraiment libres, en laissant la houe, symbole de la servitude. Mais il n’est pas moins permis de croire qu’après ce premier moment donné au repos ils reviendront au travail, désormais affranchi de la contrainte et du fouet, régénéré par la liberté, transformé par une juste rémunération en une source de bien-être … Seulement, s’ils ont eu à souffrir de la conduite du maître, s’ils trouvent en d’autres lieux plus d’avantages, un sol plus fertile, un plus heureux climat, il est probable qu’ils s’y rendront de préférence : c’est naturel et c’est juste. » 

« Dans le régime de l’esclavage, il y a le maître qui possède et l’esclave qui est possédé ; et si la France doit une indemnité pour cet état social qu’elle a toléré et qu’elle supprime, elle la doit bien sans doute à ceux qui ont souffert autant qu’à ceux qui en ont profité. Le dédommagement ne peut pas être donné à la propriété exclusivement ; il doit être assuré à la colonie toute entière, afin de tourner en même temps au profit et du propriétaire et du travailleur. »  

  Le décret d’abolition de l’esclavage 27 avril 1848

«  A l’avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d’acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français.
Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s’y conformer.  »

 

 

L’abolition de l’esclavage et ses suites en Martinique.

(Ou pourquoi les planteurs martiniquais font appel à l’immigration indienne.)

Après avoir usé au travail, des milliers d’engagés européens, puis des dizaines de milliers d’esclaves africains, dans les champs de canne, les planteurs martiniquais sont bien embêtés par la soudaine interruption de la traite des noirs (1815), et par l’abolition de l’esclavage (1848).

Dès l’interdiction de la traite, ils ont toutes les peines du monde à renouveler leurs stocks de main d’œuvre. Oh ! Bien sûr, ils peuvent encore compter sur quelques convois clandestins pour les approvisionner. Mais ces expéditions sont rendues tellement périlleuses par la surveillance des flottes anglaises et françaises, que le prix des esclaves débarquant sur l’île atteint des sommets.

Déjà fragilisé par cette augmentation soudaine du prix de la main d’œuvre qui fait fondre leurs bénéfices en renchérissant les coûts de production du sucre, les planteurs sont assommés par la décision prise en avril 1848 par la République. Celle-ci, non contente de décréter l’abolition immédiate de l’esclavage, accorde aux nouveaux affranchis, en plus de la liberté, le statut de citoyen, et… le droit de vote.

Les grands champs de canne sont soudain désertés. Les rares affranchis qui continuent à y travailler, le font désormais contre un salaire d’homme libre, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie de l’île.

À la Martinique, les circonstances particulières de l’abolition ont donné lieu à une polémique entre partisans de la commémoration de l’esclavage le 27 avril et les partisans de la célébration du 22 mai comme date de l’abolition de l’esclavage. L’impatience des esclaves de jouir d’une liberté qui leur avait été annoncée en même temps que la proclamation de la République (fin mars 1848) aboutit, à Saint Pierre de la Martinique, le 22 mai 1848, à une émeute populaire qui contraint le Gouverneur de la colonie à proclamer l’abolition immédiate le 23 mai sans attendre l’arrivée des décrets du 27 avril.

 Ces décrets ne devaient parvenir à la Martinique que le 4 juin 1848. Ils prévoyaient l’abolition dans un délai de deux mois après leur promulgation dans la colonie.

 Pour tenir compte de la réalité de l’abolition déjà effective depuis près de deux semaines à l’arrivée des décrets, il a donc fallu les modifier à la Martinique (et à la Guadeloupe où le gouverneur pour éviter la contagion avait suivi l’exemple de son collègue de l’île voisine et aboli l’esclavage le 27 mai).

Contrairement à ce que tous les colons annonçaient, le décret d’abolition de l’esclavage n’a entraîné que peu de débordements en Martinique. Libres, les esclaves ne se sont pas empressés d’égorger leurs anciens propriétaires. (Par contre, en Guadeloupe, les choses se passèrent tout autrement.) Les planteurs martiniquais réussirent même, le décret d’abolition survenant en pleine période de récolte, à convaincre leurs anciens esclaves de rester quelques jours terminer celle-ci.

Mais après, les choses se gâtent rapidement. Libres, les affranchis abandonnent les plantations de canne pour cultiver leur propre lopin de terre, et les propriétaires qui ont besoin de bras, ont du mal à les persuader de revenir travailler. Quant ils reviennent, ils exigent évidemment un salaire, ce qui renchérit d’autant le coût du sucre produit sur l’île, et grève les bénéfices.
Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment. Après 60 ans de troubles divers (Révolution, guerre avec l’Angleterre et blocus économique), la Martinique, comme les autres colonies de plantation, déjà ruinée, déjà à genoux, est sur le point de succomber à la concurrence d’un ennemi longtemps dédaigné : la Betterave.

Vers le début du siècle, des savants mettent au point un procédé de production du sucre à partir de la betterave, puis ne cessent de le perfectionner, encouragés en cela par le blocus économique qui empêche la majeure partie du sucre des colonies d’atteindre la métropole et en accroît considérablement le prix.

Face à cette concurrence imprévue, les planteurs de Martinique restent d’abord sereins, pensant que ce produit de substitution ne durera que le temps d’un blocus.

Mauvais calculs. D’abord artisanale, la production du sucre de betterave se développe à une vitesse fulgurante en métropole, pour atteindre bientôt le rang d’industrie. Des milliers d’emplois se créent en quelques années, et en 1848, la production atteint en volume, celle des colonies.
Pire, la betterave attire les capitaux au détriment de la canne à sucre. Les investisseurs comprennent vite les avantages du sucre produit en métropole sur celui provenant des colonies. Investir dans des champs et dans des raffineries directement dans l’hexagone leur semble infiniment moins risqué que sur ces terres lointaines aux économies déjà vacillantes; déjà ruinées en fait.

En métropole, ni les terres, ni les bras ne manquent. De plus, les consommateurs, le marché sont là. Et, l’économie du transport transatlantique rend le produit encore plus compétitif.
La plupart des planteurs n’a rien vu venir ! Longtemps surprotégés par des allègements fiscaux, longtemps endormis par les confortables bénéfices obtenus d’un sucre vendu à un cour élevé, ils se trouvent soudain obligés de produire à moindre coût, pour contrer la concurrence de la betterave. Mais comment faire quand les plantations emploient en 1848 les mêmes méthodes de culture archaïques, dévoreuse en bras, des débuts de la colonisation? Oui, comment baisser les prix, à l’heure où la main d’œuvre n’est plus servile?

Le XIXème siècle est bien entamé, la révolution industrielle est déjà sur les rails. Mais en retard d’un train, les planteurs de Martinique, plutôt que d’investir dans des machines nouvelles pour remplacer une force de travail défaillante, vont persévérer dans la même logique : des bras, encore des bras. Mais surtout, des bras moins coûteux que ceux des anciens esclaves.
Après un intense travail de lobbying auprès de la République, ils obtiennent enfin ce qu’ils veulent. La mise en place de nouvelles filières d’immigration, libres cette fois, pour faire venir des Engagés (contrat de 5 ans) des côtes d’Afrique et des Indes.

 

LES ESCLAVES LIBERES PAR LEURS PROPRES LUTTES

On nous parle de commémoration de l’abolition de l’esclavage par la France en 1848 «  à l’initiative de Victor Schoelcher  ». C’est oublier que l’esclavage colonial a continué bien après. Et surtout, c’est oublier que ce sont les esclaves eux-mêmes qui s’étaient révoltés pour se libérer. Par exemple, en 1656, 1710, 1730, 1752, 1802 en Guadeloupe, en 1733 en Guyane, en 1678, 1699, 1748, 1752, 1822 et 1833 en Martinique, en 1791 à Saint Domingue, et 1810 à Cuba.…

Des nombreuses révoltes ont secoué toutes les colonies à esclaves depuis la fin du XVIII° siècle et qui ont amené les métropoles à abolir l’ esclavage dans leurs colonies par peur d’un nouveau Saint Domingue où l’insurrection (1791) avait abouti en 1804, au terme d’une longue guerre, à la perte de la colonie et à la proclamation de la première République noire d. Haïti.

 

 

PRINCIPALES RÉVOLTES D’ESCLAVES AUX CARAÏBES

DU XVIème AU XIXème SIÈCLE

Chronologie établie par Nelly SCHMIDT, d’après son ouvrage «  L’abolition de l’esclavage. Cinq siècles de combats, XVIe-XXe siècle  », et Oruno D. LARA, «  Caraïbes en construction : espace, colonisation, résistance.  »

  • 1503 – Première révolte d’esclaves à Ayti / La Española. Début du XVIe siècle : édification des premiers palenque en Ayti / La Española, à Cuba, aux Guyanes.
    - 1514-1533 – Rébellion du Cacique Enrique à Ayti / La Española.
    - 1521 – La plantation sucrière de Diego Colomb est dévastée par une rébellion d’esclaves.
    - 1523 – Soulèvement d’esclaves à Puerto Rico.
    - 1526 – Soulèvement d’esclaves en Caroline du Sud (alors établissement espagnol).
    - 1529 – Début des révoltes d’esclaves en Colombie  : les esclaves incendient le port de Santa Marta.
    - 1530 – Premières rébellions et premiers cimarrons en Castille d’Or.
    - 1533 – Révolte dans une mine d’or de la partie orientale de Cuba.
    - 1537 – Révolte d’esclaves au Mexique.
    - 1538 – Soulèvements d’esclaves à Cuba.
    - 1549-1553 – Guerre contre les palenques de San Miguel au Panama.
    - 1553 -1558 – Guerre contre le palenque du cimarron Bayano.
    - 1573-1576 – Les cimarrons de la Castille d’Or aident les expéditions de Drake contre les possessions espagnoles, de Nombre de Dios à Panama.
    - 1599-1619 – Répression contre le palenque de San Basilio en Colombie.
    - fin du XVIe siècle : Edification du quilombo de Palmares dans la région de Pernambouc au Brésil.
    - début du XVIIe siècle – Edification des premiers grands camps de nègres marrons en Jamaïque, dans les Iles Vierges, en Guadeloupe et en Martinique.
    - 1607 – Soulèvement d’esclaves au Brésil.
    - 1608 et 1612 – Révoltes d’esclaves au Mexique.
    - 1612-1613 – Les Espagnols accordent la liberté et l’autonomie aux cimarrons du palenque de San Basilio établi en Nouvelle-Grenade depuis 1599-1600.
    - 1636 – Etablissement du premier grand-camp de nègres marrons en Guadeloupe, dans les hauteurs de Capesterre.
    - 1639 – Soulèvement d’esclaves à Saint-Christophe.
    - 1649 – Soulèvement d’esclaves à la Barbade.
    - 1656 – Soulèvement d’esclaves en Guadeloupe.
    - 1644-1645 – Deux expéditions hollandaises contre le quilombo de Palmares au Brésil.
    - 1650 – Début de la répression contre les cimarrons de la région de Caracas.
    - 1673 – Première grande insurrection d’esclaves en Jamaïque. Ils forment la première «  bande  » de «  maroons  » reconnue. Soulèvement d’esclaves aux Bermudes.
    - 1675 – Soulèvement d’esclaves à la Barbade.
    - 1678 – Soulèvement d’esclaves en Martinique et en Jamaïque.
    - 1679 – Les cimarrons de Santa Marta, en Nouvelle-Grenade, obtiennent la liberté et des terres. Soulèvement d’esclaves à Saint-Domingue.
    - 1685-1686 – Soulèvement d’esclaves en Jamaïque.
    - 1687 – Soulèvement d’esclaves à Antigua.
    - 1690 – Première révolte d’esclaves en Guyane hollandaise. Soulèvement d’esclaves en Jamaïque.
    - 1691 – Soulèvement d’esclaves à La Española.
    - 1692 – Soulèvement d’esclaves à la Barbade.
    - 1695 – Destruction du quilombo de Palmares après trois semaines de siège par les troupes portugaises.
    - 1699 – Soulèvement d’esclaves en Martinique.
    - 1700 – Soulèvement d’esclaves à la Jamaïque.
    - 1701 – Soulèvement d’esclaves à Antigua.
    - 1704 – Soulèvement d’esclaves à la Jamaïque.
    - 1710 – Soulèvement d’esclaves en Guadeloupe et en Martinique.
    - 1713 – Soulèvement d’esclaves à Cuba.
    - 1720 – Soulèvement d’esclaves au Brésil et en Jamaïque.
    - 1725-1740 – Première Guerre des «  Maroons  » en Jamaïque.
    - 1730-1740 – Rébellions d’esclaves dans les Caraïbes orientales, notamment en Jamaïque, à la Dominique, à la Guadeloupe, à Antigua et à Saint-Jean. Soulèvements au Suriname.
    - 1731 – Les esclaves des mines de cuivre de Santiago del Prado, à Cuba, rejoignent le palenque voisin.
    - 1732 – Soulèvement d’esclaves au Venezuela.
    - 1733 – Révolte d’esclaves à Berbice, Guyane.
    - 1735 – Insurrection de plus de 1 000 esclaves dans la région de Veracruz au Mexique.
    - 1738 – Signature, en Jamaïque, d’un traité de paix avec les «  maroons  », à Trelawney Town.
    - 1730-1740 – Succession de révoltes d’esclaves en Virginie, en Caroline du Sud et en Louisiane. 1739  : révolte de Stono en Caroline du Sud ;
    - 1742 – Soulèvement d’esclaves en Jamaïque.
    - 1746 – Soulèvements d’esclaves à Sainte-Croix et en Jamaïque.
    - 1748 – Soulèvement d’esclaves en Martinique.
    - 1749 – Conspiration d’esclaves à Caracas au Venezuela. Guyane hollandaise : les nègres marrons établis le long des rivières obtiennent la reconnaissance de leur indépendance des autorités coloniales hollandaises (les Saramaka). Révolte d’esclaves à Berbice en Guyane.
    - 1750 – soulèvement d’esclaves à Curaçao. Soulèvement d’esclaves au Suriname/Guyane hollandaise.
    - 1751 – Révolte d’esclaves à Berbice.
    - 1752 – Soulèvements d’esclaves en Guadeloupe et en Martinique.
    - 1753-1757 – Rébellion menée par Makandal à Saint-Domingue.
    - 1754 – Soulèvement d’esclaves en Jamaïque.
    - 1757 – Soulèvement d’esclaves au Suriname/Guyane hollandaise.
    - 1759 – Tentative de rébellion des esclaves de Sainte-Croix, Iles Vierges danoises.
    - 1760 – Rébellion des Coromantins en Jamaïque. Les Djuka, établis en Guyane sur un affluent du Maroni, obtiennent la reconnaissance de leur indépendance par les autorités hollandaises en 1762.
    - 1761 – Soulèvement d’esclaves aux Bermudes.
    - 1762-1764 – Grande insurrection des esclaves de Berbice, Guyane hollandaise. Les chefs des rebelles Saramaka concluent des traités de paix avec les autorités hollandaises.
    - 1765-1784 – Révoltes à Westmoreland, Hanovre, St. James et Kingston en Jamaïque.
    - 1772 -Boni s’établit en territoire de Guyane française avec sa communauté. Une convention franco-hollandaise reconnaît leur établissement en 1860.
    - 1773 – Soulèvement d’esclaves au Honduras britannique (Belize).
    - 1776 – Soulèvement d’esclaves en Jamaïque et à Montserrat.
    - 1778 – Soulèvement d’esclaves à St.Kitts/Saint-Christophe.
    - 1779-1783 – Première Guerre des Karibs à Saint-Vincent.
    - 1789-1792 – Soulèvements d’esclaves au Brésil.
    - 1791 – 1793 – Rébellion des esclaves de Saint-Domingue.
    - 1795 – Conspiration d’esclaves à Coro, Venezuela. Révolte d’esclaves à Curaçao. Insurrection d’esclaves à Demerara en Guyane. Seconde Guerre des Karibs à Saint-Vincent.
    - 1795-1796 – Deuxième guerre des «  maroons  » en Jamaïque. Révolte d’esclaves à la Grenade, à Puerto Rico et en Colombie.
    - 1796 – 16 000 esclaves fugitifs sont capturés dans la région de La Havane à Cuba suite au nouveau «  Réglement sur les nègres cimarrons  ».
    - 1798 – Insurrections au Venezuela, en Jamaïque, et à Bahia, Brésil.
    - 1799 – Conspiration d’esclaves à Maracaïbo au Venezuela et dans les Iles Vierges britanniques.
    - 1795-1805 – Deuxième Guerre des Karibs à Saint-Vincent. Négociations entre les Karibs et les Britanniques.
    - 1800 – Insurrection de Gabriel Prosser en Virginie, Etats-Unis.
    - 1802 – Insurrection contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe.
    - 1803 – Insurrections d’esclaves en Jamaïque et à Trinidad.
    - 1805 – Insurrection d’esclaves à Puerto Rico.
    - 1806 – Insurrection d’esclaves à Trinidad.
    - 1807 – Insurrections d’esclaves au Brésil, en Jamaïque, en Martinique.
    - 1810 – Insurrection d’esclaves à Cuba.
    - 1812 – Insurrection d’esclaves à Cuba, Puerto Rico, Dominique.
    - 1815 – Insurrection d’esclaves à la Jamaïque.
    - 1816 – Insurrection d’esclaves à la Barbade et au Brésil.
    - 1819 – Insurrection d’esclaves à Trinidad.
    - 1820 – Insurrection d’esclaves à Puerto Rico, Antigua, Tortola, Cuba, en Martinique et au Honduras britannique.
    - 1821 – Insurrection d’esclaves à Puerto Rico.
    - 1822 – Insurrection d’esclaves aux Etats-Unis (Denmark Vesey en Caroline du Nord), au Brésil et à Puerto Rico.
    - 1822-1823 – Insurrection d’esclaves en Martinique.
    - 1825 – Insurrection d’esclaves à Trinidad.
    - 1831 – Insurrection d’esclaves en Martinique, en Guadeloupe, en Jamaïque, aux Etats-Unis (Nat Turner en Virginie).
    - 1831-1832 – Insurrection d’esclaves en Jamaïque (plus de 20 000 insurgés).
    - 1832 – Insurrection d’esclaves à Puerto Rico.
    - 1833 – Insurrection d’esclaves en Martinique et à Puerto Rico.
    - 1835 – Insurrection d’esclaves au Brésil (Bahia).
    - 1839 – Affaire des captifs révoltés du navire Amistad entre Cuba, l’Espagne et les Etats-Unis. Insurrection d’esclaves au Brésil.
    - 1840 – Insurrection d’esclaves en Guadeloupe et à Puerto Rico.
    - 1841 – Insurrection d’esclaves en Louisiane et à Puerto Rico.
    - 1843 – Insurrection d’esclaves à Cuba, en Martinique, à Puerto Rico.
    - 1844 – Conspiration de La Escalera à Cuba.
    - 1848 – Insurrection d’esclaves en Martinique. Soulèvements en Guadeloupe. Insurrection d’esclaves à Sainte-Croix. et à Puerto Rico.
    - 1851 – Insurrections des esclaves des vallées de Chicama et de Cañete au Pérou.
    - 1859 – Rébellion de John Brown en Virginie, Etats-Unis.
    - 1874 – Soulèvement d’esclaves au Brésil.

Haïti
18 Novembre 1803, les esclaves remportent la bataille de Vertières
LES PRÉMISSES DE LA RÉVOLUTION ANTI-ESCLAVAGISTE
En Haïti, le 18 novembre est un jour férié qui célèbre la victoire de Vertières. C’est en ce lieu que le 18 novembre 1803, l’armée des esclaves remporta une victoire décisive sur les troupes envoyées par Napoléon pour rétablir l’esclavage sur l’île d’Haïti. La bataille de Vertières est pour les esclaves d’Haïti la fin d’une longue et sanglante guerre de libération. Cette guerre a commencé par une lutte des esclaves pour se libérer de l’exploitation des colons français.
En France la révolution se développait depuis 1789 et l’abolition de l’esclavage n’était pas acquise en 1791. Pour la bourgeoisie maritime, abolir l’esclavage équivalait à abolir la source de leurs richesses. Aux yeux de cette bourgeoisie qui se révoltait contre l’aristocratie, les esclaves n’étaient pas des hommes.
Le point de départ de cette révolution fut la révolte de 1791 avec Boukman. Les bandes d’esclaves armés se répandirent sur la plaine du Nord. Dans leurs rangs se détachèrent des hommes qui prirent la direction des bandes tels Biassou, Jean François, puis Toussaint Louverture qui organisa une véritable armée d’esclaves.
On assista alors à une succession de luttes armées qui en plus d’opposer entre eux Noirs, Mulâtres et colons, opposa également Français et Anglais pour le contrôle de l’île. Les colons n’hésitant d’ailleurs pas à s’allier aux Anglais pour recouvrer des droits que la Révolution avait abrogés.
Tirant profit des affrontements entre les bourgeoisies française, espagnole, anglaise pour la possession de l’île de Saint Domingue, Toussaint mena l’armée des esclaves à des victoires qui obligèrent les représentants de la révolution, les commissaires Sonthonax et Poverel à proclamer l’abolition de l’esclavage dans la partie française de Saint Domingue le 21 août 1793, sous peine de perdre cette colonie.
TOUSSAINT LOUVERTURE
Toussaint Louverture, général de « l’armée française », occupa toute la partie française et les généraux de l’armée mirent la main sur les terres laissées par les colons en fuite. Il essaya de relancer l’agriculture de l’île comme axe de l’économie en ramenant les anciens esclaves vers les grandes propriétés en tant que travailleurs libres. Il fit appliquer la militarisation du travail sous la forme du « caporalisme agraire » dans le but de relancer la production sucrière qui était plus rentable pour la classe dirigeante que la production vivrière qui était plus nécessaire aux travailleurs.
Malgré le prestige qui auréolait Toussaint, cette politique éloigna de lui les anciens esclaves, alors que dans le même temps Napoléon Bonaparte, qui avait tiré profit tant de la révolution que du recul de celle-ci pour asseoir son pouvoir, se préparait à rétablir l’esclavage à Saint Domingue.

LA GUERRE D’INDEPENDANCE
Le 1er février 1802, une expédition coloniale faite de 86 vaisseaux transportant une armée de 22.000 hommes débarquait à Saint Domingue, sous la direction du général Leclerc le beau frère de Napoléon. Malgré une résistance acharnée, l’armée des esclaves fut battue par une force mieux équipée. Toussaint fut capturé par traîtrise et déporté au fort de Joux où il mourut le 7 avril 1803. Mais les troupes de Leclerc étaient décimées par la fièvre jaune, alors il temporisa dans son action pour désarmer les troupes noires.
Il obtint que les généraux noirs comme Dessalines, Christophe ou mulâtres comme Pétion et Clervaux gardent le commandement de leurs troupes en les intégrant dans les troupes françaises. Ainsi pendant quelques mois ces généraux et les hommes sous leur commandement se battirent contre les bandes d’esclaves insurgés. Mais bien que ces généraux aient la possession de domaines, les colons esclavagistes les considéraient, malgré leur uniforme, comme des anciens esclaves qui devaient retourner sur les plantations.
La masses des anciens esclaves n’avait accédé à aucun privilège, elle n’était aveuglée par aucun uniforme, elle n’avait rien à perdre et était déterminée à lutter jusqu’au bout. Les esclaves insurgés redoublèrent leurs attaques quand la nouvelle se propagea que la mission de Leclerc était le rétablissement de l’esclavage. Dans le même temps parvint la nouvelle qu’en Guadeloupe le général Richepance avait rétabli l’esclavage au nom de Bonaparte.
Les paysans avaient gardé les armes qui leur avaient été données par Sonthonax. Ils rejoignirent les bandes armées. Les officiers, Dessalines, Christophe, Pétion, finalement, comprirent que le jeu de Leclerc était le rétablissement de l’esclavage. En février 1803, à la Petite Rivière de l’Artibonite, Dessalines, le chef des insurgés Noirs et Pétion, le leader des Mulâtres, décidèrent de ne plus combattre aux côtés des Français. Ils se rallièrent à l’insurrection avec les soldats qu’ils commandaient et en prirent la direction au nom de l’unité nationale contre l’envahisseur. Dessalines réussit à imposer l’unité de commandement et elle fut proclamée au congrès de l’Arcahaie le 18 mai 1803. Il présenta symboliquement le drapeau de l’union des Mulâtres et des Noirs dans la lutte pour leur liberté, deux bandes, bleu et rouge et y fit inscrire la devise « Liberté ou la Mort ». Dessalines fut alors nommé Général en chef de l’armée de l’insurrection, les différents chefs locaux qui avaient mené la guérilla prélude à l’insurrection devaient se soumettre ou disparaître. Les mots d’ordre de liberté, d’indépendance menaient les insurgés au combat. Aucun ne voulait le retour à l’esclavage. La guerre devint une guerre d’indépendance menée par une armée organisée bénéficiant de l’appui de la majorité de la population.

VICTOIRE DES ESCLAVES INSURGES
Le général Rochambeau remplaça Leclerc à sa mort et intensifia les attaques contre les insurgés, mais ses atrocités n’entamèrent pas leur détermination. La fièvre jaune et le harcèlement de l’armée des esclaves ravagèrent les troupes françaises et les armées insurgées s’emparèrent de grandes villes comme les Cayes et Port au prince. Dans sa progression vers la capitale, le Cap Haïtien, les armées noires affrontèrent celles de Rochambeau à Vertières le 18 novembre 1803.
L’histoire d’Haïti retient qu’à Vertières, ce 18 novembre 1803, les soldats noirs avec un équipement moindre, ont vaincu la meilleure armée d’Europe venue pour les remettre sous le joug.
La route de la capitale leur fut alors ouverte, et Rochambeau se rendit à Jean-Jacques Dessalines. Les garnisons françaises capitulèrent les unes après les autres. L’ancienne colonie proclama son indépendance le 1er janvier 1804, devenant la première république noire libre. Elle prit alors le nom d’Haïti que les premiers habitants amérindiens avaient donné à l’île.

DES  » JACOBINS NOIRS  » AUX « BOLCHEVIKS NOIRS »?
Les esclaves ont été les moteurs de la victoire, les fers de lance de l’indépendance. Leur détermination a obligé même leur chef à ouvrir les yeux sur les colonialistes et leur armée. Mais au lendemain de l’indépendance ils ne reçurent pas la terre qu’ils désiraient et qui était le garant de leur liberté, ce sont les généraux qui se la partagèrent. Ils devinrent ainsi l’embryon d’une nouvelle et cruelle classe oppressive noire et mulâtre.
Les intérêts des esclaves n’ont pas été préservés par ceux en qui ils avaient confiance au nom de l’unité.
Cette même unité est resservie par le gouvernement Latortue, le 18 Novembre 2005 quand il se déplaça en grande pompe à l’Arcahaie, lieu historique. Flanqué d’un cortège de politiciens, de beaux parleurs, de comédiens, Latortue a recousu symboliquement le drapeau national en appelant à l’unité de tous les enfants du pays, riches pauvres, noirs, mulâtres, en leur demandant d’être tous derrière les élections. Dans la foulée, les patrons, les bourgeois présentèrent leur contrat social où ils détaillèrent les nouvelles bases de l’exploitation des travailleurs dans les entreprises, toujours au nom de l’unité et du salut national.
En 1803 les esclaves se sont battus pour leur liberté, en 2005 ce souvenir est utilisé par les politiciens pour semer l’illusion et pour mettre les travailleurs sous le joug des bourgeois au nom de la nation haïtienne. Les esclaves modernes que sont les travailleurs surexploités d’Haïti, avec le parti révolutionnaire prolétarien qu’ils construiront, retrouveront un jour l’héroïsme de leurs ancêtres pour se libérer définitivement du joug de l’oppression impérialiste et des classes dirigeantes noires qui les oppriment si cruellement. Alliés aux ouvriers de la Caraïbe ils pourront alors contribuer à l’émancipation de tous les travailleurs de la Caraïbe et peut être aussi des travailleurs du monde entier.

Commémorer les luttes d’hier pour renforcer les luttes d’aujourd’hui!La fin du mois de mai 2005 a vu se multiplier les commémorations, les unes envers nos ancêtres esclaves et leurs luttes pour leur libération ; d’autres envers les répressions brutales et meurtrières des manifestations de fin mai 1967.
Cette année, dans les deux îles, en Guadeloupe et Martinique et dans l’émigration à Paris, on a largement honoré la mémoire des combattants de 1802 et 1848. Différentes manifestations furent suivies par des milliers de gens, descendants des esclaves africains qui furent les instruments d’enrichissement d’une classe békée locale et furent parfois exploités par des notables mulâtres ou noirs. Mais surtout c’est sur la base du trafic d’esclaves (traite négrière, pendant près de trois siècles), que des bourgeois des ports français s’enrichirent. C’est ainsi que la traite et l’esclavage des Noirs d’Afrique, aux Antilles et en Amérique, servit de base pour l’accumulation des capitaux qui permirent le développement capitaliste dans plusieurs pays d’Europe: France, Angleterre, Pays-Bas…
1802 -1848: de l’échec à la victoire!

Rappelons que l’abolition a été décrétée le 26 avril 1848 en France. Ce décret aurait mis plus de huit semaines à parvenir sur place. Les esclaves des Antilles n’ont pas attendu! La rumeur qu’une révolution avait bien eu lieu à Paris a provoqué une montée d’effervescence dans les ateliers, dans les champs, parmi la population noire esclave. Et c’est à partir de cette ébullition que des événements décisifs vont éclater en Martinique en fin mai 1848, qui à St Pierre qui à Fort de France, aussitôt suivis d’une mobilisation des esclaves dans Pointe-à-Pitre. Le gouverneur aura beau prêcher le calme et la patience, disant que cette libération des esclaves était en marche, qu’une loi allait arriver de France etc., rien n’y fit! Les esclaves avaient deux objectifs, se libérer mais aussi laisser éclater leur colère contre ces gens – les Békés – qui les avaient opprimés, humiliés, exploités depuis tant d’années. La révolte fut inévitable, elle culmina dans les événements du 22 mai 1848 et elle prit fin uniquement lorsque le gouverneur prononça devant des milliers d’émeutiers et d’esclaves révoltés, l’abolition définitive de l’esclavage, sans attendre le décret qui devait, disait-on, venir de France!
Ceux de Guadeloupe mobilisés sur la place, dite aujourd’hui Place de la Victoire, obtinrent satisfaction quelques jours après. Le gouverneur de Martinique – le plus gradé – conseilla à son confrère de faire sans traîner une telle proclamation de l’abolition.
En 1848, les esclaves n’ont pas voulu attendre et ont arraché eux-mêmes leur libération, ils eurent bien raison de ne pas attendre les textes officiels. Car c’est cette mobilisation qui fit bien savoir aux propriétaires, aux politiciens de France et à tous les profiteurs du système esclavagiste que les esclaves n’accepteraient plus de délais, ni de demi mesures et encore moins de retour en arrière. Car tout ceci était déjà envisagé! Ils ont eu raison de lutter et de garantir leur liberté nouvelle par leur mobilisation dans les rues des villes et dans les champs, dont ils brûlèrent un certain nombre pour bien montrer aux esclavagistes leur détermination.
Ils avaient d’autant plus de raisons d’agir ainsi que certains se rappelaient bien qu’il y eut une libération, abolition décrétée et apportée de France en 1794 en Guadeloupe et qu’elle fut supprimée par la force militaire en 1802. Le gouvernement de Napoléon Bonaparte tenta aussi de rétablir l’esclavage en Haïti, mais se heurta à une résistance importante qui aboutit à l’indépendance de cette île en 1804. En Guadeloupe, les Delgrès, Ignace, Massoteau et d’autres, officiers dans l’armée française, alors que des signes d’un rétablissement de l’esclavage se multipliaient, crurent longtemps que leur statut d’officiers allait les protéger. Mais quand ils se sentirent directement menacés, ils décidèrent de passer à la résistance. Les troupes françaises commandées par Richepance furent introduites par l’officier noir Pélage qui servit d’intermédiaire pour trahir ses frères d’armes et de couleur.
Mai 1802 connut donc surtout une héroïque résistance. Les troupes françaises ne firent pas de quartier, les troupes conduites par Delgrès furent vaincues et selon les historiens se firent sauter à trois cents sur le Matouba. Ignace, l’autre officier noir, qui cherchait à se rabattre sur la Grande Terre fut vaincu sur les Abymes. Les historiens racontent que la répression fut ensuite sanglante. Pendant des semaines et des mois on pourchassa les Noirs, soldats ou civils, qui refusaient de se rendre ou qui avaient combattu, des milliers de Noirs furent tués ou déportés ou remis dans les fers, eux et tous les anciens esclaves pour quarante-six longues années de nouveau!

Les luttes du passé doivent inspirer celles d’aujourd’hui: l’exploitation a changé de forme, il faut encore la vaincre

Nous qui sommes militants communistes, qui combattons la nouvelle forme capitaliste d’exploitation et de spoliation des travailleurs actuels, nous ne pouvons que nous sentir solidaires, des luttes menées par nos ancêtres, par tous nos devanciers, pour plus de libertés, moins d’oppression et pour échapper à la servitude. Nous sommes solidaires de toutes ces luttes du passé.
Mais nous ne nous contentons pas de « commémorations officielles » très à la mode, aujourd’hui! Nous voulons que ces hommages rendus aux combattants, aux révoltés du passé inspirent nos combats d’aujourd’hui. Nous voulons justement que les exploités et opprimés d’aujourd’hui apprennent à se méfier des « Pélage » d’aujourd’hui, de ces notables qui cherchent toujours à régler leurs propres problèmes par des arrangements avec l’ennemi et non en combattant cet ennemi. Nous avons ainsi vu de plus en plus apparaître dans ces commémorations des notables, maires, députés, et autres grands et petits chefs de partis politiques qui, hier encore, ne seraient jamais venus dans de telles commémorations ; car elles n’étaient pas admises, ou pas bien vues et parfois pas tolérées par les autorités coloniales. Participer à ces commémorations semblait alors presque un acte d’opposition anti-colonialiste. On a vu pendant des années, la municipalité de Pointe-à-Pitre mener une petite guerre aux nationalistes du Gong ou de l’UPLG qui voulaient commémorer sur la place de la Victoire, l’assassinat de Nestor et de plus de 80 autres manifestants en mai 1967. Ils étaient tombés sous les balles des CRS ou « Képis rouges ».
Aujourd’hui, on a même vu le journal France-Antilles parler de mai 67, donner la parole à une victime connue de 67, etc. Mais oublie-t-on que ce journal, de même que certains articles de l’Etincelle, et des déclarations du maire PCG de l’époque condamnaient surtout les gens qui avaient été victimes et ceux qui avaient résisté aux agressions des forces de répression coloniales, et rejetaient la responsabilité des événements sur les militants du Gong. De fait, ce sont des dizaines de jeunes et de militants anti-colonialistes, dont ceux du Gong, qui furent arrêtés et certains déportés en France pendant plusieurs mois, avant d’être jugés par une cour de sûreté de l’Etat.
Alors, il faut bien sûr exalter le souvenir de ceux qui ont lutté, ont souffert et se sont sacrifiés dans le passé ; mais il ne faut pas croire aux larmes ou aux déclarations hypocrites des notables de tous bords qui se faufilent dans ces manifestations pour les transformer en d’innocentes manifestions de « jour férié ».
Ces journées sont des journées où des hommes et des femmes courageux ont combattu, au péril de leur vie, pour plus de liberté, pour faire sauter leurs chaînes. Le meilleur hommage à leur rendre c’est de réaffirmer, à ces occasions, que nous continuons la lutte contre une exploitation qui, si elle n’a pas de chaîne visible, en comporte une qui contraint les salariés d’aujourd’hui à revenir sans cesse, chaque jour, se faire exploiter par les continuateurs des grands planteurs esclavagistes. Ce sont leurs familles, aujourd’hui capitalistes, qui continuent, parfois sous les mêmes noms, à recueillir le profit, fruit volé du travail des descendants d’esclaves, aujourd’hui appelés « travailleurs » ou « salariés ».
Oui, la lutte continue contre l’exploitation, pour bâtir un jour une meilleure société, débarrassée des exploiteurs, mais ce sera en se méfiant de tous ces cloportes des notabilités locales, toujours prêts à se courber devant la puissance et la richesse des gros exploiteurs.

Dans : générale,générale
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Le 18 septembre, 2008
A 23:30
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